Résultats des municipales à Paris : Buzyn, Villani, Gantzer, Schiappa… Comment LREM a sombré dans la capitale

Allocution de l’ancienne ministre de la Sante et des Solidarités et candidate de La République en Marche (LREM) a la mairie de Paris Agnès Buzyn. — REVELLI-BEAUMONT NICOLO/SIPA

  • A l’arrivée, LREM obtient six sièges au Conseil de Paris sur 163. Et devrait avoir un groupe politique officiel.
  • Tête de liste, Agnès Buzyn qui se présentait dans le 17e arrive en troisième position dans l’arrondissement avec seulement 13,02% des voix. Elle n’obtient pas de siège au Conseil de Paris.
  • Il y a encore un an, la capitale semblait atteignable pour le parti de la majorité présidentielle boosté par des résultats électoraux favorables et une maire sortante dans la tempête.

Battue par les flots, LREM a sombré à Paris. Pourtant, l’histoire avait commencé au café Fluctuat Nec Mergitur, dans le 11e arrondissement, le 21 septembre 2018. Ce jour-là, les Marcheurs parisiens, fiers, présentent les ébauches de leur plan de bataille pour les élections municipales de 2020. En présence de Benjamin Griveaux, Mounir Mahjoubi, Stanislas Guérini, Pierre Person, Gilles Le Gendre ou encore Julien Bargeton, ils dévoilent devant la presse leur opération de pré-campagne intitulée « Paris & Moi ». « « Paris & Moi » veut offrir aux Parisiennes et aux Parisiens la possibilité de construire l’avenir de notre capitale et de s’engager pour leur ville », note le groupe. « Aujourd’hui, c’est la première étape d’un véritable collectif », précise le député de Paris Pacôme Rupin qui ajoute : « A Paris, il y a une forte volonté d’un renouvellement ». La capitale, alors dans le viseur, semble atteignable pour le parti de la majorité présidentielle boosté par des résultats électoraux favorables et une maire sortante dans la tempête. 

Pas loin de deux ans plus tard, le bateau a pris l’eau, plombé par une dissidence et des fuites en tout genre. Résultat : Les marcheurs restent aux portes de Paris. Ce dimanche soir, lors du second des élections municipales, la liste conduite par la maire sortante, Anne Hidalgo (PS) a obtenu 48,7 % des voix devant celle de la candidate LR Rachida Dati (33,8 %) et celle de la candidate LREM, Agnès Buzyn (13,3 %). Cette dernière qui avait remplacé Benjamin Griveaux au pied levé après la diffusion de vidéos intimes, perd également dans le 17e arrondissement et n’obtient même pas de siège au Conseil de Paris. Une débandade collective.

Le naufrage

Si Agnès Buzyn, n’a pas réussi à obtenir suffisamment de voix pour devenir conseillère de Paris, même sentence pour le frère ennemi et candidat dissident de LREM à la mairie de Paris, Cédric Villani qui a confirmé à l’AFP dimanche soir ne pas avoir été élu au Conseil de Paris, et être simple conseiller d’arrondissement dans le 14e. Toujours dans le 14e, Marlène Schiappa, secrétaire d’Etat à l’Egalité femmes-hommes, soutien de la première heure de Benjamin Griveaux, qui se trouvait en deuxième position sur la liste LREM repart bredouille. Une liste d’ailleurs menée par Eric Azière. Président du groupe UDI-MoDem, il avait décidé de se lancer dans la campagne LREM et se retrouve désormais avec son groupe en dehors du Conseil de Paris, en raison de sa défaite.

 Allocution de l'ancienne ministre de la Sante et des Solidaritees et candidate de La Republique en Marche (LREM) a la mairie de Paris Agnes Buzyn. Allocution de l’ancienne ministre de la Sante et des Solidaritees et candidate de La Republique en Marche (LREM) a la mairie de Paris Agnes Buzyn. – REVELLI-BEAUMONT NICOLO/SIPA

Quant à Gaspard Gantzer, fondateur du mouvement « citoyen », « Parisiennes, Parisiens » et candidat dans le 15e puis finalement dans le 6e, pour le compte de LREM avant de devenir responsable de la communication d’Agnès Buzyn, il termine troisième et n’obtient aucun siège. Ce dimanche soir, l’ex-ministre de la Santé a « pris acte » de la défaite. La publication d’une photo officielle, à la sauce Gangs of New York, d’Agnès Buzyn soudée avec ses têtes de liste dans les rues de la capitale, en février dernier, semble désormais bien loin.

Seuls lots de consolation : le 9e arrondissement et dans une moindre mesure le 5e, deux arrondissements qui étaient convoités par la gauche. Dans le premier, la maire sortante (LREM, ex-LR), Delphine Bürkli conserve sa mairie et devient le seul arrondissement En Marche de la capitale. Même si elle semble éloignée de toute logique partisane. « Grâce aux habitants de Paris 9, je reste plus que jamais une femme libre et indépendante, déterminée à transformer notre arrondissement et à porter une voix forte et singulière à Paris ! Un grand merci aux électrices et électeurs pour votre soutien et tous vos encouragements », a-t-elle fait savoir sur Twitter en ne mentionnant ni LREM ni Agnès Buzyn. Enfin dans le 5e, la maire sortante Florence Berthout, LREM mais ex-LR et ayant fait alliance avec son ancienne famille politique dans l’entre-deux tours, est réélue. Alors qu’Anne Hidalgo doit être officiellement élue par le Conseil de Paris ce vendredi, y aura-t-il un groupe estampillé LREM dans la future assemblée ?

Qui sont « les rescapés de ce tsunami » ?

A l’arrivée, LREM obtient six sièges au Conseil de Paris sur 163. On retrouve dans ce groupe Florence Berthout (5e), Delphine Bürkli (9e), Alexis Govciyan (9e) Catherine Ibled (15e), Hanna Sebbah (16e), Pierre-Yves Bournazel (18e). Sur ces six qui sont issus de la majorité présidentielle, cinq sont aussi élus du MoDem (deux sur les listes Agnès Buzyn et trois sur les listes de Rachida Dati). De quoi former un groupe officiel d’une petite dizaine de personnes sur les bancs ? « Il y aura un groupe qui va défendre les idées, portées durant cette campagne, avec une certaine vision de Paris », assure-t-on dans les rangs des marcheurs parisiens, sollicités par 20 Minutes.

Et de préciser : « Nous travaillerons avec humilité et détermination pour être utile aux Parisiennes et Parisiens et porter le message de celles et ceux qui nous ont fait confiance. Les rescapés de ce tsunami ont une légitimité locale pour faire vivre une sensibilité politique qui est actuellement en difficulté mais peut devenir plus forte. »

Mais d’ores et déjà de nombreux élus raillent leur stratégie électorale à Paris. « Je pense que le roman-photo de LREM a révélé l’aspect artificiel de leur démarche », jugeait il y a quelques jours Marie Claire Carrère-Gée, présidente du groupe LRI (Les Républicains et indépendants) du Conseil de Paris et candidate de Rachida Dati dans le 14e, arrivée en seconde position. Selon Jean-Louis Missika, lieutenant d’Anne Hidalgo, interrogé également par 20 Minutes « cette campagne a illustré les limites de LREM à s’ancrer localement. Ça a montré leur naïveté, leur arrogance, leurs maladresses ».

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