France

Résultats des municipales 2026 à Paris : Grégoire ou Dati, LFI maintenu ?

Emmanuel Grégoire a recueilli quasiment 38 % de votes lors du premier tour des élections municipales à Paris. Rachida Dati a annoncé travailler à « un projet d’alternance » avec Pierre-Yves Bournazel, candidate Horizons.

Suite au premier tour des élections municipales à Paris, les différents partis politiques s’engagent dans une phase de réflexion stratégique. Avec près de 38 % des voix, le candidat socialiste Emmanuel Grégoire est indéniablement en position favorable. Cependant, peut-il gagner sans s’allier à La France Insoumise (LFI) alors que Rachida Dati, principale candidate de droite, a récemment déclaré qu’elle travaillait à « un projet d’alternance » avec Pierre-Yves Bournazel, candidat Horizons ?

Bournazel, l’homme clé de l’élection

En additionnant les voix de la gauche et de la droite, il pourrait sembler que l’ex-ministre de la Culture ait une chance avec le soutien de Bournazel. En effet, leurs voix combinées atteignent presque 37 %, soit près du score d’Emmanuel Grégoire.

Cependant, il convient de tenir compte de la dynamique en faveur du député socialiste, ancien premier adjoint à la mairie de Paris, qui réalise un score bien supérieur à celui prévu par les sondages, creusant ainsi l’écart avec sa principale adversaire de droite de plus de dix points. « La contre-performance de Rachida Dati ne va probablement pas mobiliser l’électorat de droite. Son nom ne suscite pas de véritable dynamique », analyse Olivier Rouquan, politiste.

Pierre-Yves Bournazel pourrait donc devenir l’homme qui fera pencher le résultat de l’élection. Dans la nuit de dimanche à lundi, Rachida Dati lui a proposé une union, proposition à laquelle le parti de l’ex-Premier ministre Édouard Philippe est ouvert.

« L’électorat de Bournazel sera très partagé »

Durant la campagne, Bournazel avait écarté tout projet d’alliance pour le second tour. Toutefois, il semble avoir changé d’avis, en posant trois conditions avant un éventuel soutien : exclure toute alliance avec l’extrême droite et tout vote commun avec Sarah Knafo, candidate de Reconquête, qui a obtenu plus de 10 % des voix au Conseil de Paris. Ensuite, il exige « une réforme totale du périscolaire ». Enfin, il souhaite « un changement de ton dans cette campagne », en référence à la stratégie agressive de Rachida Dati, qui s’illustre par une attaque répétée des journalistes et des déclarations excessives.

Bien qu’un ralliement semble envisageable, la question persiste : les voix de Bournazel s’orienteront-elles automatiquement vers Dati ? Pour Olivier Rouquan, rien n’est moins sûr. « L’électorat sera très partagé, entre l’abstention, un vote pour Dati ou même un vote de gauche », met en garde le chercheur associé au Cersa (Centre d’Études et de Recherches de Sciences Administratives et Politiques). Ceux qui s’identifient à la macronie de 2017 auront des réserves à voter pour la candidate des Républicains.

Pas d’alliance avec LFI et un retrait peu probable

De son côté, Emmanuel Grégoire a affirmé, et le confirme à 20 Minutes : il ne fera pas alliance avec LFI. « Je l’ai répété à maintes reprises, et cela ne changera pas. Il n’y aura pas de ralliement. J’ouvre la main à tous les électeurs qui ne souhaitent pas que Dati soit maire ». « Emmanuel Grégoire est en tête de la course et reste ferme sur sa position. Je ne pense pas qu’il changera, alerte Bruno Cautrès, chercheur au Cevipof. De surcroît, tout accord avec La France Insoumise pourrait mobiliser davantage l’électorat de droite ».

À la gauche d’Emmanuel Grégoire, que décidera Sophia Chikirou ? Va-t-elle se maintenir pour le second tour, risquant ainsi de favoriser Rachida Dati ? La députée parisienne a déclaré qu’elle resterait en lice en l’absence de fusion, conformément à la stratégie nationale de son parti. Peu de chances qu’elle change d’avis sur ce point…

Vote stratégique

Mathématiquement, si tous les électeurs de LFI votaient de nouveau pour Chikirou au second tour, le résultat serait extrêmement serré. Cependant, l’alliance de la gauche et des écologistes pourrait favoriser un vote utile en faveur d’Emmanuel Grégoire. « Les électeurs de gauche ne désirent pas réellement voir Dati élue. Un vote stratégique pourrait donc se dessiner », précise Bruno Cautrès. « Ils devront gérer les tensions pour éviter que les électeurs ne se braquent et que LFI ne s’oppose frontalement à l’alliance d’Emmanuel Grégoire », conseille Olivier Rouquan. À cela, Emmanuel Grégoire répond : « Cela peut se faire calmement, poliment et respectueusement. »