Résultat des municipales 2020 à Rennes : Sans vrai leader et divisée, l’opposition va avoir du mal à exister

Arrivée en seconde position dimanche soir, Carole Gandon se présente comme « la leader de l’opposition » à Rennes. — C. Allain / 20 Minutes

  • Après sa victoire écrasante dimanche soir (65,35 % des suffrages), la maire sortante de Rennes s’est offert une très large majorité.
  • Elle disposera de 51 élus, dont une vingtaine d’écologistes, sur les 61 que compte la capitale bretonne.
  • Ses adversaires Carole Gandon (LREM) et Charles Compagnon (droite et centre) devront se contenter des miettes avec cinq sièges chacun.

Arrivée en seconde position dimanche soir avec 17,49% des suffrages, Carole Gandon s’affiche déjà comme « la leader de l’opposition » à Rennes. Un statut revendiqué qui fait doucement rire l’équipe de Charles Compagnon, ravi d’avoir quasiment fait jeu égal avec la candidate marcheuse (17,16 %). Dans la capitale bretonne, l’opposition se présente divisée. Et surtout réduite à peau de chagrin.

Après sa victoire écrasante dimanche soir (65,35 % des voix), Nathalie Appéré s’est offert une très large majorité pour son second mandat. Pour l’installation du conseil municipal vendredi, la maire socialiste sortante pourra compter sur 51 élus, dont une vingtaine d’écologistes. Ses adversaires devront quant à eux se contenter de cinq petits fauteuils chacun. « Ils essaieront de faire des propositions mais ils ne vont pas être très audibles, estime le politologue Romain Pasquier. Surtout que l’opposition n’a pas souvent un rôle majeur à jouer au sein du conseil municipal ».

Gandon et Compagnon veulent se faire entendre au conseil

Du côté de la République en marche, on ne cache pas qu’on aurait bien aimé avoir des rangs un peu plus garnis pour peser dans le débat. « On espère toujours mieux mais on a des élus et cela va nous permettre de nous ancrer le paysage », relativise Hind Saoud, conseillère régionale et présente en 5e position sur la liste de Carole Gandon. La candidate marcheuse met d’ailleurs en garde la majorité « qui a pris l’habitude à Rennes de décider sans concertation ». « Il faudra demain qu’elle travaille avec l’opposition et nous serons très vigilants là-dessus », assure-t-elle.

Novice en politique, Charles Compagnon prévient lui aussi qu’il ne siégera pas au conseil municipal pour faire de la figuration. « Le vrai travail commence demain pour regagner Rennes ! », a lancé à ses troupes le candidat de la droite et du centre dimanche soir. Une vision optimiste pas forcément partagée par le politologue Romain Pasquier. « La traversée du désert continue à Rennes pour la droite, il faut tout reprendre du début », assure-t-il.

Le danger viendra des Verts, selon Romain Pasquier

Dans une ville ancrée à gauche depuis 1977, la droite, sans leader naturel, peine exister. Elle change d’ailleurs de tête à chaque élection municipale avec les candidatures de Loïck Le Brun en 2001, de Karim Boudjema en 2008 et de Bruno Chavanat en 2014. « C’est très difficile aussi quand on ne gagne jamais d’avoir de la continuité, on peine à mobiliser et à trouver un leader », analyse Romain Pasquier.

Pour le politologue, le principal danger pour Nathalie Appéré sera finalement ses alliés écologistes. « Elle devra gérer une majorité composite, elle l’a déjà fait lors du précédent mandat mais les Verts sont désormais plus puissants », assure-t-il. Hind Saoud, qui siégera dans l’opposition, après avoir fait partie de la majorité sortante jusqu’en 2017, pointe également « de profondes divergences idéologiques entre le PS et les Verts, dont certains sont dans la radicalité ». « Mais je leur souhaite tout de même de réussir », lance-t-elle, bonne joueuse.

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