« Reste un peu » : Gad Elmaleh fait part de sa crise de foi à ses parents et c’est aussi drôle que passionnant

Gad Elmaleh se met à nu dans Reste un peu où il se dirige lui-même en compagnie d’une partie de sa famille. Acteur, scénariste et réalisateur de ce film très personnel, il fait sourire et réfléchir en apparaissant dans son propre rôle, celui d’un Juif qui a décidé de se convertir au catholicisme.

« Diriger mes parents n’était pas facile confie Gad Elmaleh à 20 Minutes. Je leur avais un peu menti sur l’histoire en leur disant que j’y évoquais ma crise de la cinquantaine. » En fait, son héros fasciné par la Sainte Vierge n’ose pas annoncer à ses proches qu’il veut changer de religion tant il se doute que sa décision sera mal vécue.

Film X ou reportage sur la Vierge

Cette situation digne d’un vaudeville donne des scènes hilarantes quand sa mère croit qu’il regarde un film X sur son ordinateur alors qu’il s’agit d’un reportage sur la Vierge ou que ses parents découvrent une statue pieuse dans sa valise. Impossible pour le spectateur de ne pas se demander ce qui est réalité ou fiction entre deux éclats de rire. « Cette ambiguïté a nourri le film. Il y a de l’amour mais aussi un manque de communication entre nous », déclare Gad Elmaleh qui a parfois eu du mal à canaliser ses géniteurs. « Le montage a été compliqué car il fallait dénicher des perles au milieu de scènes où ils pouvaient partir en roue libre », se souvient-il.

La tendresse que ressent Gad Elmaleh gagne le cœur du spectateur. Il n’est pas nécessaire d’être croyant pour se laisser emporter par cette œuvre profondément sincère qui ne tourne jamais la religion en ridicule. « Je craignais un peu la réaction de ma famille et surtout celle de mes parents », reconnaît Gad Elmaleh. Ces derniers ont embrassé le film et accompagnent même leur fils sur les plateaux télévisés. « C’est un témoignage qui décrit notre famille mais pas que cela », insiste le quinquagénaire. Effectivement, Reste un peu plonge dans la vie familiale de Gad Elmaleh avec un humour tendre car ce dernier ne se prend pas au sérieux. Mais on peut aussi y trouver matière à faire fonctionner ses petites cellules grises.

« J’ai souhaité parler de foi et de religion, deux sujets dont j’ai l’impression qu’ils sont devenus tabous en France », martèle Gad Elmaleh. La présence érudite du rabbin Delphine Horvilleur offre une séquence passionnante sur ces sujets et fait partie des nombreux éléments qui font qu’on se réjouit d’être resté un peu avec Gad Elmaleh.