Répression en Iran : « Les menaces de mort persistent malgré l’absence des gens »
Le 20 janvier dernier a marqué la fin des manifestations en Iran. L’ONG Human Rights Watch estime que la répression du mouvement social survenu en janvier 2026 aurait causé près de 25 000 morts, alors que le gouvernement iranien reconnaît officiellement la mort de 3 117 manifestants.
Le 20 janvier dernier a marqué la fin des manifestations en Iran. D’après l’ONG Human Rights Watch, la répression du mouvement social qui a eu lieu en janvier 2026 aurait causé près de 25 000 morts, tandis que le gouvernement iranien admet officiellement la mort de 3 117 manifestants. Cependant, Aïda Tavakoli déclare : « ce n’est pas parce que les gens ne sont plus dans les rues qu’ils sont moins menacés de mort ».
Depuis la mort de Mahsa Amini et le soulèvement « Femme, Vie, Liberté » en 2022, la présidente de l’association We Are Iranian Students est activement engagée. Cette association se veut apolitique, non religieuse et inclusive, et réclame aujourd’hui « la libération de tous les manifestants détenus en Iran ».
Depuis l’interruption d’internet, qui perdure dans le pays depuis le 8 janvier dernier, l’association réussit néanmoins à publier des vidéos sur ses réseaux sociaux. « Les quelques images qui, de façon sporadique, nous parviennent pendant ce black-out sont tellement douloureuses », confie Aïda Tavakoli, la voix tremblante. La doctorante franco-iranienne, qui est sans nouvelles de sa famille en Iran, vit dans l’angoisse, jour et nuit.
« C’est un massacre. On voit des cadavres empilés. On reçoit des témoignages de médecins qui parviennent à se connecter à des satellites Starlink pour accéder un peu à Internet pendant une demi-heure. Ils nous disent qu’ils n’ont pas l’autorisation d’opérer des manifestants blessés par des armes de guerre ». Selon elle, « la moyenne d’âge des manifestants se situe autour de 17 ans ».
Face à l’intensité de la répression, Aïda Tavakoli critique l’inaction de la communauté internationale. « Même si les manifestations sont terminées, le danger est très réel et quotidien. Et face à cette urgence, il y a une forme d’attentisme, d’observation. Toute l’attention se concentre aujourd’hui sur la seule voie de la géopolitique internationale qui est commentée et qui prend tout l’espace : celle de Donald Trump. »
Depuis le début du mouvement social, le président américain, dont les intentions demeurent ambiguës, a menacé à plusieurs reprises d’intervenir militairement. « Le problème, c’est que Trump ne partage ni les aspirations de la société civile iranienne, ni l’attachement à la démocratie, et ne sait pas ce qu’est le droit à l’autodétermination des peuples », critique-t-elle.
Aujourd’hui, Aïda Tavakoli appelle la communauté internationale à « se saisir de tous les outils existants pour faire pression sur le régime islamique, acter sa fin et appeler à une transition démocratique ».

