Rentrée scolaire 2021 : « Le virus ne va pas s’arrêter aux portes des salles de classe… » Les parents d’élèves inquiets

« T’es dans quelle classe ? », « Tu as qui comme prof »… Dans quelques heures maintenant, c’est la reprise de ces rituels ancestraux de début septembre. La rentrée scolaire a ses marottes qui ne changeront jamais mais, depuis l’année dernière, un invité indésirable est venu chambouler la façon d’appréhender ce moment important pour enfants et parents. Pour la deuxième fois de suite, il va falloir faire avec le coronavirus, et avec son variant plus contagieux, le variant Delta.

Nous avons demandé à des parents parmi nos lecteurs comment ils vivaient la situation et, forcément, à quelques heures de la rentrée, c’est l’inquiétude qui prime.

« Les enfants vont payer un lourd tribut »

Premier motif d’anxiété pour les parents comme Sabrina, le protocole sanitaire du gouvernement, jugé trop léger : « Je suis sidérée par l’impréparation du ministère de l’Education nationale. Pas de capteur de CO2 ni de purificateur dans les écoles. Le protocole sanitaire est plus que léger face au variant Delta. J’ai franchement l’impression que les enfants vont payer un lourd tribut et uniquement parce que le ministère se voile la face. Oui le variant est dangereux aussi pour les enfants il y a risque d’hospitalisations, en réa, de covid long. » Pauline, maman et enseignante est directement concernée par le défi que représente cette rentrée : « Je ne suis pas sereine. D’une part le protocole mis en place à cette rentrée ne me convient pas, il est à mon sens non adapté à la situation sanitaire. D’autre part, les classes étant surchargées, le dépistage devrait être massif afin d’éviter les fermetures de classe mais là encore, le gouvernement ne compte pas mettre les moyens. Le ministre de l’Education nationale a l’air de vivre sur une autre planète en sous-estimant la forte contamination du variant Delta. »

L’inquiétude autour de la possible infection des enfants est bien là, mais d’autres angoisses existent aussi, notamment sur leur vie de tous les jours avec l’ombre du virus au-dessus de leurs têtes, comme c’est le cas pour la fille d’Agnès : « La dernière de 7 ans angoisse et veut porter le masque tout le temps à l’école même si les autres se moquent d’elle. Elle a peur de transmettre le virus et d’être malade. » Même constat du côté d’Anne : « J’ai peur pour mon fils et lui a peur de ramener le virus à la maison et que j’en tombe très malade. C’est une charge lourde à porter pour lui. Cette dimension psychologique n’est jamais évoquée… » En résumé, « la situation est très stressante », conclut la maman du petit garçon de 9 ans.

« Je suis plutôt confiante du fait de la vaccination »

Parmi les témoignages que nous avons reçus, certains parents, à l’image de Laurence, sont un peu plus détendus à l’approche de la date fatidique : « Je suis plutôt confiante du fait de la vaccination, ce qui n’était pas le cas lors de la dernière rentrée scolaire. Il est important que la continuité des cours soit assurée en présentiel le plus possible. Dans l’idéal, j’aurais souhaité que les enseignants et personnels administratifs de l’Education nationale fassent partis des publics à vacciner en priorité ! » Damien, papa, estime également les risques moindres que pendant les vagues précédentes « Les enfants font, sauf rares exceptions des formes bénignes de la maladie (…). Je suis en phase avec le comité national qui recommande comme alternative à la vaccination une stratégie « Tester, tracer, isoler » optimisée. »

Alors qu’il ne reste plus quelques heures avant le grand rendez-vous, nul doute que les parents, comme le gouvernement, feront très attention aux indicateurs quelques semaines après la rentrée. En espérant que « le bon chemin » d’un retour à la « vie normale » espéré par Jean Castex soit également celui emprunté par tous les écoliers.