Rentrée littéraire : Les Prix Goncourt ou Renaudot ne discutent pas des goûts « livresques » de ces lecteurs

Après un mercato estival mouvementé, le monde de l’édition part à l’assaut de la rentrée littéraire 2022. Gallimard, Actes Sud ou encore Flammarion figurent d’ailleurs en bonne position de la première sélection du prix Goncourt, dévoilée mardi après-midi par l’illustre jury. Beaucoup d’appelés, mais il n’y aura qu’un seul élu pour succéder à Mohamed Mbougar Sarr, 119e lauréat pour son roman La plus secrète mémoire des hommes (Philippe Rey).

Des œuvres « hors de prix »

Une distinction prestigieuse qui ne fait pas rêver tous nos lecteurs. A vrai dire, la citation de Sacha Guitry, « Les mots qui font fortune appauvrissent la langue », pourrait résumer l’opinion de certains de nos lecteurs sur la tradition française du prix littéraire. Evelyne a par exemple décidé de boycotter le futur vainqueur car elle juge la lecture de ces œuvres primées « difficile » et réservée à « une élite intello ». Elle n’est pas le seul bouquineur à juger ces œuvres « pompeuses ». « Pourquoi être influencé dans ses goûts, par une poignée de gens composant un jury ? », nous interpelle de son côté Jad.

L’autre argument critique qui nourrit le désamour de certains de nos lecteurs pour cette récompense est son coût. « Les livres primés sont à 90 % inintéressants et hors de prix ! On en voit certains à 25-30 euros et c’est beaucoup trop cher pour ce que c’est », s’insurge Miguel Ange. Brigitte, quant à elle, n’a rien contre les prix littéraires, mais elle estime que ce sont « une devanture médiatique pour le monde de l’édition ». En feuilletant des œuvres, adhérant à un club de lecture ou en choisissant simplement des livres plus en accord avec les genres qu’ils affectionnent, ces lecteurs trouvent leur bonheur.

Une rentrée « dopante »

Halte ! Si le Goncourt ou le Renaudot font partie des prix littéraires les plus connus, il en existe d’autres qui ravissent davantage nos lecteurs. « Par exemple, les prix Nebula et Hugo en Fantasy/Science-fiction j’aurai tendance à les suivre, alors que je sais évidemment que les prix Goncourt ne sont pas pour moi », nous écrit Hender. Fan de rentrée littéraire, Françoise « guette les rendez-vous littéraires » pour se faire sa propre opinion parmi la quarantaine de livres qu’elle achète, sans privilégier des prix à d’autres.

Yannick est tombé en adoration du Prix Goncourt en 2015. Chaque année, il se précipite sur le lauréat. « Je prends un plaisir fou à les comparer, à me faire « mon idée » et surtout à partager mes impressions avec d’autres lecteurs de mon entourage », nous explique-t-il. Le fervent lecteur est d’ailleurs fasciné par « l’engouement que ce prix suscite dans la société, plus que pour l’œuvre elle-même qui se retrouve au côté de grands classiques de la littérature également primés ».

Et qu’en pensent les bibliothécaires ? Jacques, responsable de plusieurs bibliothèques, nous a livré son avis : « J’achète systématiquement les livres primés, surtout Goncourt, Femina, Goncourt des Lycéens, Prix des Libraires, Renaudot… Les choix ne sont pas toujours en accord avec les miens, mais la récompense attire les lecteurs potentiels. Les autres volumes dépendent de demandes particulières ou du choix des bibliothécaires suivant les critiques ou leurs goûts personnels ». En définitive, des goûts et des couleurs, on ne discute pas et chacun finit par y trouver son compte.