Rennes : Une asso étudiante de Rennes-2 reprend la crêperie abandonnée par le Crous

Il y avait une longue file d’attente vendredi dans les couloirs du bâtiment Ereve. « Comme tous les jours », expliquent les habitués des lieux. Chaque midi, les étudiants de l’université Rennes-2 doivent patienter s’ils veulent déjeuner. Confrontée à une hausse continue de ses effectifs et à la paupérisation de ses élèves, la fac de sciences humaines a parfois du mal à offrir un repas décent à tous ses étudiants. A la rentrée de septembre, de nombreuses voix s’étaient élevées – photo à l’appui – pour dénoncer les faibles rations servies par le Crous. « Quand tu finis les cours à 12h45, tu ne peux plus aller au RU. Et il ne reste plus grand-chose en sandwichs », glisse Aude, étudiante en première année de cinéma. Depuis, la situation semble s’être améliorée sur les campus de Villejean et de la Harpe.

Si les files d’attente s’allongeaient un peu partout en septembre, c’est aussi parce que le Crous avait décidé de fermer certains points de restauration. Ce qu’il appelait son « bistrot » s’était éteint, tout comme sa crêperie, pourtant très fréquentée. La mort d’un des emblèmes de Rennes-2. « Nous avions besoin du local dans lequel la crêperie était installée pour installer notre lieu dédié à l’économie sociale et solidaire. Le Crous a saisi l’opportunité pour la fermer », relate Marc Bergère, vice-président patrimoine et immobilier de l’université.

Grâce à deux emplois étudiants, entre 120 et 150 galettes pourront être services chaque midi sur le campus de Villejean, à Rennes.
Grâce à deux emplois étudiants, entre 120 et 150 galettes pourront être services chaque midi sur le campus de Villejean, à Rennes. – C. Allain/20 Minutes

Échouant dans sa quête de maintenir les deux lieux de restauration ouverts, le syndicat Union pirate s’était porté candidat à la gestion des lieux. Après quelques mois de travaux, la « Taverne pirate » a accueilli ses premiers étudiants lundi pour leur offrir une crêpe et une galette de leur choix. « On voulait offrir un autre choix aux étudiants que le seul sandwich du Crous. Ici, c’est chaud, pas très cher et ça remplit bien », assure Théophile Gagnaire, membre de l’Union pirate qui gère les lieux.

« Franchement, c’était bon »

Pendant trois semaines, le syndicat offre cette formule gratuitement aux 150 premiers arrivés chaque jour. Ensuite, elle sera facturée 2 euros. « Franchement, c’était bon et j’ai assez mangé », assure Camille. Etudiante en première année d’arts plastiques, la jeune femme apprécie « de changer un peu » des repas habituels du Crous. « Notre idée, c’est d’apporter de la diversité », poursuit Théophile.

Pour faire chauffer les quatre billigs, l’association a obtenu le financement de deux emplois étudiants par l’université. « On ne peut pas tout gérer bénévolement », s’explique le syndicat. L’an dernier, la même Union pirate avait ouvert un bar associatif dans le cadre du budget participatif de la fac. Avec un même objectif : Proposer des tarifs solidaires aux étudiants voulant s’offrir un café ou un cookie.

Déjà un bar associatif géré par des étudiants

Mais n’est-il pas étrange de devoir compter sur une association pour nourrir les étudiants ? « Le bar associatif est bien géré, nous leur faisons confiance. La reprise de la crêperie, c’est un projet gagnant-gagnant avec une offre de restauration diversifiée dans un espace partagé. C’était leur souhait », assure le vice-président de l’université. A l’heure de la gratuité, l’offre a logiquement séduit bon nombre d’étudiants. Il fallait s’armer d’un peu de patience pour goûter à une complète au blé noir.