Rennes : Un détenu porte plainte contre des surveillants de la prison des hommes pour violences

Il était accusé par des surveillants de menaces de mort, de crachats et d’avoir tenté de leur porter des coups de poing. La commission de discipline de la prison de Rennes-Vezin l’a finalement relaxé des faits de violences, le condamnant à deux jours de cellule disciplinaire pour des « insultes, menaces ou des propos outrageants ».

Âgé de 21 ans, ce détenu est en détention provisoire, soupçonné d’être impliqué dans une affaire de meurtre. Ce lundi, ses avocates ont annoncé avoir porté plainte en son nom pour violences volontaires et faux en écriture publique contre des surveillants du centre pénitentiaire pour hommes de Rennes-Vezin, comme l’avait révélé Le Parisien​.

Pour justifier ces attaques, les conseils d’Abdallah M. s’appuient sur des images de vidéosurveillance enregistrées en fin d’année dernière au moment d’une altercation entre le détenu et des surveillants. La commission de discipline avait reconnu l’innocence partielle du détenu. « L’exploitation de la vidéosurveillance du hall et du premier étage [de la maison d’arrêt] va dans le sens des déclarations du détenu, à savoir qu’il avait sa carte d’identité intérieure et qu’il a été poussé à plusieurs reprises par le surveillant alors que le détenu ne manifestait aucune velléité d’agression », écrit la commission dans sa décision du 30 novembre.

Un niveau de violence « inquiétant » à la prison de Rennes

Son avocate avait alors demandé au directeur de l’établissement de conserver « toutes vidéos utiles à la manifestation de la vérité », précisant que « cette vidéo est édifiante ». On ignore si les images ont été conservées. Depuis le dépôt de plainte en décembre, l’avocate n’a pas eu de retour. Le parquet n’avait pas encore répondu aux sollicitations. « Quand il s’agit de mises en cause de l’administration pénitentiaire, il n’y a jamais d’enquête. Il ne se passe rien. Il n’y a même pas de classement sans suite », a accusé Me Amina Saadaoui.

L’administration pénitentiaire a indiqué qu’une procédure disciplinaire était en cours à l’encontre du surveillant accusé de violence. En 2019, la contrôleure générale des lieux de privation de liberté avait déjà pointé dans un rapport « un niveau de violence inquiétant » à la prison de Rennes. L’établissement pénitentiaire affiche une surpopulation carcérale de plus en plus prononcée, obligeant les détenus à dormir sur des matelas à terre.