Rennes : Un ancien pompier volontaire jugé pour avoir tenté d’enlever une adolescente

Son avocate le décrit comme « un homme sans histoires, qui a toujours travaillé et était bien inséré ». « C’est Monsieur Tout-le-monde », assure Maître Anaïg Le Noan. Les faits qui sont reprochés à cet homme de 39 ans, en couple depuis plusieurs années et père d’un adolescent, font pourtant froid dans le dos. A partir de ce vendredi matin, cet ancien sapeur-pompier volontaire, qui gérait également une entreprise de transports routiers, sera jugé devant la cour d’assises d’Ille-et-Vilaine pour avoir tenté d’enlever une adolescente de 16 ans.

Les faits remontent au 23 août 2020. En ce dimanche d’été, la jeune fille circulait à vélo sur la commune de Noyal-sur-Vilaine, à l’est de Rennes, lorsqu’elle a été percutée volontairement par un camion. Alors qu’elle était à terre, le conducteur est sorti de son véhicule et a saisi la jeune fille par la taille avant de tenter de l’enlever. Cette dernière a tout de même réussi à se débattre et à se défaire des griffes de son agresseur. Mais alors qu’elle prenait la fuite à pied, l’individu l’a de nouveau percuté avec son véhicule. Par miracle, un jeune de 17 ans passait alors par là en scooter. En l’apercevant, l’adolescente a couru affolée vers lui avant de grimper sur le deux-roues qui a aussitôt pris la fuite.

Des menottes retrouvées dans son camion

Gravement blessée, avec notamment une fracture du bassin, l’adolescente s’était vue prescrire 60 jours d’incapacité temporaire de travail. Son agresseur avait été rapidement interpellé et avait reconnu les faits en garde à vue, indiquant aux enquêteurs avoir été « pris d’une pulsion ». Une version qui ne tient pas selon l’avocat de la jeune victime, aujourd’hui étudiante. Fait troublant dans ce dossier, l’accusé avait en effet croisé une première fois le chemin de l’adolescente. Il était alors rentré chez lui pour chercher des menottes et débrancher le système vidéo installé sur son camion avant de repartir en direction de sa victime. La veille et le matin même des faits, il avait également consulté des vidéos pédopornographiques et zoophiles.

« On ne sait pas ce qui se serait passé s’il l’avait enlevée et quelles étaient ses intentions, souligne Maître Thierry Fillion. Mais son comportement avant les faits est très inquiétant et peut légitimement laisser supposer des choses plus graves. » Maître Le Noan assure de son côté que son client « ne comprend pas ce qui s’est passé. » « Il ne se cherche pas d’excuses, reconnaît sa pleine culpabilité et il attend désormais d’être puni, indique-t-elle. Mais il essaie lui-même de comprendre l’incompréhensible. » Son procès doit se tenir jusqu’à mardi devant la cour d’assises d’Ille-et-Vilaine.