Rennes : Pour garder son nom, Rennes 2 refuse le mariage avec la grande université rennaise

C’est une usine à gaz comme seul l’enseignement supérieur sait le faire. A Rennes, le projet de regroupement des deux universités et de plusieurs grandes écoles a connu un premier coup d’arrêt vendredi. En cause ? Le vote du conseil d’administration de Rennes 2, qui s’est prononcé à une nette majorité en faveur d’un simple statut d’associé au sein de ce projet baptisé « Unir », comme l’a repéré Ouest-France​. Un signal fort envoyé aux porteurs du projet mais qui ne remet pas en question l’avenir de cette future grande université de Rennes.

La fac de sciences humaines implantée à Villejean s’était déjà illustrée en 2015 à l’arrivée à la présidence d’Olivier David en enterrant le projet mal engagé de fusion de Rennes 1 et Rennes 2. Six ans plus tard, c’est désormais Christine Rivalan Guégo qui préside l’établissement qui rassemble plus de 23.000 étudiants.

Le syndicat majoritaire ravi

« Nous restons intégrés au projet mais plutôt en tant qu’associé », explique l’université. Vingt-trois des 31 membres du conseil d’administration avaient voté en faveur de ce statut d’associé.

En refusant de se marier, Rennes 2 garde la possibilité de conserver son nom, sa marque, son entité, même après la création d’Unir. Dans un tweet, l’Union Pirate s’est félicitée de ce choix. « Face à la course aux classements, vive les universités à taille humaine », a fait savoir le syndicat étudiant majoritaire.

Dans les faits, ce vote ne remet pas en question la création de la future Unir, dont les contours semblent enfin se dessiner après quatre ans de discussions. En septembre, les sept établissements membres avaient signé une convention de coordination territoriale définissant les grands objectifs de ce rapprochement. Pour faire simple, l’Insa (école d’ingénieurs), l’Ecole normale supérieure (ENS), Sciences po, l’Ecole nationale supérieure de chimie, l’Ecole des hautes études en santé publique (EHESP) et les deux universités espèrent davantage rayonner à l’international en s’unissant.

Pas la mort de la grande université

Le refus de Rennes 2 d’intégrer le projet n’est pourtant pas rédhibitoire. « Chaque établissement doit décider s’il souhaite être une composante ou simplement associé », explique-t-on au sein d’Unir.

Les équipes s’attellent actuellement à l’écriture du « contrat de site » qui devrait être finalisé d’ici la fin de l’année avant d’être validé par le ministère de l’Enseignement supérieur l’an prochain. Une usine à gaz, on vous avait prévenus…