Rennes : La mairie prolonge le bail du MeM et de sa guinguette malgré la grogne des riverains

Ce n’est clairement pas le sujet sur lequel la municipalité se montre le plus bavarde. Ce n’est pas donc pas surprenant de voir que la prolongation du bail d’occupation du MeM a été faite en catimini. Le document signé par la maire Nathalie Appéré et repéré par le site Alter1fo est pourtant clair. La convention d’occupation du domaine public attribuée au Centre de production des paroles contemporaines (CPPC, qui gère le MeM et le festival Mythos) sera prolongée de deux ans pour s’arrêter le 31 décembre 2024. Une nouvelle qui n’est pas du goût des riverains, qui se plaignent d’importantes nuisances sonores et dénoncent l’impunité du MeM.

A Rennes, le lieu est pourtant devenu incontournable. Le chapiteau installé à la Prévalaye depuis 2019 offre l’une des plus belles programmations musicales de la capitale bretonne. Juste à côté, sa guinguette bordant la Vilaine fait partie des lieux incontournables pour boire un verre aux beaux jours. Cette attractivité, personne ne la remet en cause. Le problème, c’est que ce « lieu très différent » comme il aime à s’appeler génère des nuisances sonores pour les riverains. Plusieurs rapports attestant du dépassement des normes légales ont été réalisés mais le quotidien des habitants de la route de Sainte-Foix n’a pas changé. « Combien de rapports il faudra ? », s’interrogeaient les membres du collectif au moment du dépôt de plainte.

Un tarif très préférentiel épinglé par la Cour des comptes

Installé au sein d’une zone naturelle écologique, l’équipement devait déménager au printemps pour s’implanter quelques dizaines de mètres plus loin dans un nouveau chapiteau bien mieux insonorisé. Sauf que celui-ci n’est pas prêt. La municipalité rennaise, qui verse plusieurs centaines de milliers d’euros de subvention au festival Mythos, avait consenti à un effort important en proposant son terrain à petit prix. En 2021, la cour régionale des comptes avait souligné un certain nombre de points de litige dans la gestion des lieux. La guinguette du MeM, pourtant gérée par une filiale privée, profitait alors d’un tarif préférentiel de 5.000 euros de loyer par an. Un montant d’ordinaire réservé aux associations. Sans cette faveur, la redevance aurait été de plus de 500.000 euros selon la Cour des comptes.