Rennes : Il veut faire de ses sacs en papier de luxe les rois du shopping

Il a dans une autre vie travaillé dans le business de la croquette pour chiens chez Friskies, du papier-toilette chez Renova et du jeu vidéo chez THQ Inc. dont il a été le directeur général en France. Entrepreneur touche-à-tout, Cyril-Alexandre Blanc évolue désormais à 49 ans dans l’univers des arts graphiques. En 2016, ce Parisien de naissance a racheté l’entreprise Ateliers Agis basée à Noyal-sur-Vilaine, à l’est de Rennes. Depuis trente-cinq ans, cette PME d’une quarantaine de salariés, qui dispose également d’un atelier de production à la Chapelle-sur-Erdre près de Nantes, s’est spécialisée dans l’embellissement, la découpe et la reliure de papier, travaillant presque exclusivement pour le compte d’imprimeurs.

Mais les temps ont bien changé pour l’entreprise qui, dans un secteur de l’imprimerie en pleine crise et en profonde mutation, a vu son activité baisser significativement ces dernières années. Pour relancer les affaires, le dirigeant n’a donc pas eu le choix que d’imaginer « un nouveau relais de croissance » pour sa société. Et c’est dans le luxe, un secteur qui ne connaît pas la crise, que Cyril-Alexandre Blanc a décidé de se lancer avec Les Ateliers du Sac.

Du made in Bretagne pour concurrencer la Chine et la Turquie

Depuis décembre, la PME produit ainsi des sacs en papier haut de gamme, des « shopping bag » de luxe que les clients et les clientes aiment exhiber à la sortie du magasin. « C’est un beau produit que l’on n’a pas envie de jeter », souligne Cyril-Alexandre Blanc. Après une étude du marché, ce dernier s’est rendu compte que personne n’en produisait en France. « Tout est fabriqué en Chine, en Turquie et un peu dans les pays de l’Est », indique-t-il.

Alors que les marques de luxe commencent à se soucier de leur empreinte écologique, le chef d’entreprise a donc flairé le bon filon en relocalisant la production de ces sacs en France. Si le papier est acheté en Espagne et le pelliculage réalisé en Italie ou en Espagne, tout le reste de la fabrication est « 100 % made in Bretagne », assure l’entrepreneur, qui travaille notamment avec l’Esat Bretagne Ateliers, des travailleurs handicapés se chargeant de poser les cordons en coton sur les sacs.

Un objectif d’un million de sacs produits d’ici la fin de l’été

Si l’activité démarre tout juste, la société, qui a bénéficié d’aides dans le cadre du plan France Relance, a déjà séduit quelques clients prestigieux comme l’agence immobilière Barnes, l’enseigne de bijoux ou de montres Tempka ou certains opticiens du réseau Krys. Et ce n’est qu’un début pour l’entrepreneur qui compte produire « un million de sacs d’ici la fin août et cinq millions de sacs d’ici un an et demi » et prévoit déjà de se lancer à l’international.

Pour élargir la clientèle, une boutique en ligne doit également voir le jour très prochainement avec une gamme de cinq sacs en papier personnalisables qui sera proposée aux commerçants.