Rennes : Etude d’impact lancée et déploiement suspendu… La ville freine sur la 5G

Des militants anti-5G avaient mené une action en juillet 2020 devant la gare de Rennes où est testée la technologie. — J. Gicquel / 20 Minutes

  • A Rennes, une étude d’impact va être menée pour connaître les effets du déploiement de la 5G.
  • L’annonce a été un peu précipitée par les débats nationaux autour du déploiement de cette nouvelle technologie.
  • La majorité demande la suspension du déploiement de la 5G à Rennes, où une expérimentation est menée à la gare.

« Oui, la France va prendre le tournant de la 5G », a déclaré Emmanuel Macron. A Rennes​, on n’est pas aussi catégoriques. Alors que le débat autour de la technologie mobile fait rage dans l’Hexagone, la capitale bretonne s’est positionnée en faveur de la création d’un comité de suivi chargé « d’étudier les conséquences du déploiement éventuel des antennes à Rennes ».

L’annonce a été faite sur Twitter par Pierre Jannin, chercheur en neurosciences et nouveau conseiller municipal dédié au numérique et à l’innovation. «Ce groupe de travail auditionnera divers spécialistes de la question afin d’étudier objectivement les avantages et inconvénients de cette technologie pour la ville et l’ensemble de ses habitants», précise la ville qui prévient : «l’implantation de la 5G nécessite de la prudence».

L’élu espère ainsi voir émerger « les avantages et les inconvénients de cette technologie pour la ville, ses acteurs et ses citoyens ». Au-delà des intentions, l’allié de Nathalie Appéré souhaite la suspension du déploiement de la 5G dans la ville « en attendant la fin de ce travail » d’étude. Ce choix n’est pas surprenant puisqu’il avait été acté lors des négociations d’entre deux tours​ entre la maire sortante et ses alliés écologistes. Mais on reconnaît que son annonce « a été précipitée » par la polémique nationale allumée par une tribune de maires écologistes.

Attente de l’étude de l’Anses

Comparés à des « amish » par Emmanuel Macron, ces derniers ne goûtent pas vraiment les choix du président. « Nous considérons l’attribution des fréquences 5G comme un passage en force alors que l’étude de l’Anses n’a pas été publiée », taclent Matthieu Theurier et Valérie Faucheux, porte-paroles du groupe au conseil municipal. « En attendant cette étude d’impact, nous nous opposerons à toutes installations sur la ville et la métropole », préviennent les écologistes. «La ville demande que tout éventuel déploiement de la 5G par les opérateurs attende les résultats de cette réflexion», tempère la municipalité.

Reste à savoir ce qui sera concrètement suspendu. A la gare de Rennes, l’opérateur Orange a bien lancé un test de la technologie 5G en partenariat avec Nokia et piloté par l’Autorité de régulation des communications électroniques et des postes (ARCEP) mais « il concerne des fréquences qui ne seront pas disponibles avant 2022 ou 2023 », précise l’opérateur.

Techniquement, ces fréquences de 26 gigahertz sont bien différentes de celles de 3,5 gigahertz qui seront attribuées aux opérateurs français à la fin du mois. Pas certain que cela fasse une différence aux yeux du grand public cependant.

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