Rennes : Dans l’ancienne fac dentaire, les « invisibles » ont le droit de chantier

Mamadou fait partie des compagnons participant au chantier d’insertion. — J. Gicquel / 20 Minutes

  • En pleine réhabilitation, l’ancienne faculté dentaire de Rennes accueille un chantier d’insertion.
  • Des personnes en rupture sociale viennent reprendre confiance et recréer du lien en retapant les anciennes paillasses de la fac.
  • L’initiative est portée par les Compagnons bâtisseurs de Bretagne.

« Cela fait bien longtemps que je ne me suis pas levé pour aller au boulot et cela fait plaisir ». Marc-André, 46 ans, a retrouvé un peu le sourire. Une joie de vivre et de travailler que le quadragénaire avait perdu depuis sa dernière mission d’intérim en 2014. « J’étais maçon mais j’ai perdu mon permis, puis mon travail et mon logement », raconte-t-il. Depuis une semaine, Marc-André goûte à nouveau à l’atmosphère des chantiers. Avec d’autres compagnons, il va participer pendant trois semaines à la réhabilitation de l’Hôtel Pasteur, l’ancienne faculté dentaire de Rennes qui accueillera une école maternelle à la rentrée 2020.

L’initiative est portée par les Compagnons bâtisseurs de Bretagne. Profitant de l’aubaine d’un tel chantier, dans un lieu emblématique du centre-ville de Rennes, l’association d’insertion sociale et professionnelle a eu l’idée d’y intégrer des personnes en grande précarité. « Des invisibles » comme les appelle Corinne Alonzi, la responsable départementale. « Ce sont des personnes qui sont complètement sorties des radars et qui n’ont parfois même plus recours aux aides », indique-t-elle.

Le chantier, « un support pour raccrocher ces personnes »

Elle voit ce chantier comme un moyen pour eux de « rebondir, de recréer du lien et de reprendre confiance en soi ». Marc-André peut en témoigner. En rupture sociale depuis la perte de son emploi, il se rend compte au fil des jours que tout n’est pas à jeter dans son parcours. « Je vois que mes compétences d’avant me servent, elles me revalorisent », assure-t-il.

Pendant huit mois, une centaine de stagiaires, comme Marc-André, vont se succéder pour réparer les paillasses de l’ancienne fac dentaire qui servaient de plans de travail aux étudiants. Mais l’objectif du chantier va bien au-delà. « On n’attend pas un produit fini. On se sert de ce chantier comme d’un support pour raccrocher ces personnes », souligne Sophie Ricard, l’architecte chargée de coordonner les travaux de l’Hôtel Pasteur.

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