Rennes : « Ça secoue un peu »… La ligne B du métro a remué ses premiers voyageurs

Le démarrage est sportif. Habitués à la tranquillité de la ligne A qu’ils fréquentent depuis vingt ans, les Rennais et les Rennaises ont découvert ce mardi matin la remuante ligne B. Mise en service à 5h10 précises, la deuxième ligne de métro de Rennes (Ille-et-Vilaine) peut monter jusqu’à 80 km/h en pointe. Elle offre surtout une accélération au démarrage qui a surpris bon nombre de voyageurs, pas encore bien réveillés. Pour recueillir leurs premières impressions, 20 Minutes s’est levé tôt (mais vraiment tôt) et a sauté dans la première rame.

Téléphone à la main pour immortaliser l’événement, Nina était aussi du voyage. Habitante le quartier de Cleunay, la jeune femme a longtemps attendu ce jour. « C’est limite émouvant, confie-t-elle. J’emprunte très souvent le bus pour aller voir mes potes en centre-ville mais c’est souvent galère. Là, je vais pouvoir me déplacer très rapidement. »

Confort à bord des rames et gain de temps

Comme elle, de nombreux curieux, dont beaucoup de jeunes, ont écourté leur nuit pour s’offrir une petite virée sur la ligne B. « Je pourrai dire à mes petits-enfants que j’étais à bord de la première rame », se marre Kevin. Étudiant à l’université Rennes-2, le jeune homme enchaîne les selfies, impressionné par le confort à bord. « Ça secoue un peu par rapport à la ligne A mais les rames sont quand même super classes, indique-t-il. C’est hyper agréable, très spacieux et lumineux. » Par rapport au Val, actuellement en activité sur la ligne A, le Cityval offre en effet plus de confort aux voyageurs avec des rames d’une largeur de 2,65 m au lieu de 2,08 m.

Le téléphone à la main, de nombreux jeunes étaient présents pour immortaliser l'événement.
Le téléphone à la main, de nombreux jeunes étaient présents pour immortaliser l’événement. – J. Gicquel / 20 Minutes

Étudiante à la fac de droit, Anna apprécie aussi le voyage. Mais surtout le temps qu’elle va gagner chaque matin. « J’habite à côté de la gare et en dix minutes je pourrai être en cours », souligne la jeune femme, qui devait auparavant enchaîner « métro, bus ou marche ». Irène s’est aussi levée tôt ce mardi matin. Une habitude pour cette mère de famille qui habite le quartier des Gayeulles et nettoie des bureaux dans le centre-ville. « C’est parfois compliqué de se déplacer en bus quand on a des horaires décalés, on doit parfois attendre longtemps si on en rate un, indique-t-elle. Avec le métro, ce sera ponctuel et il y a moins de risque d’arriver en retard. »

« Une transformation du paysage urbain en surface »

A la retraite, Bernard n’a plus ce souci de la ponctualité. Passionné d’architecture, il découvre, non sans joie, le visage des quinze stations de la ligne. « C’est quand même hallucinant car on a réussi à construire une ville sous la ville sans que cela ait trop d’impact », s’exclame-t-il. Présente à bord de la première rame, Nathalie Appéré a d’ailleurs tenu à rappeler que le métro n’était pas seulement un aménagement sous-terrain, mais aussi « une transformation du paysage urbain en surface », notamment autour des stations.

« Ce métro est décarboné et consomme peu. C’est une prouesse technologique mais c’est aussi un choix politique qui s’inscrit dans la durée », a rappelé la présidente de Rennes Métropole. A terme, le métro imaginé par Siemens Mobility pourrait passer toutes les soixante secondes environ, atteignant la vitesse de pointe de 80 km/h et affichant une moyenne de 35 km/h.