Rennes : A vélo, elles font le tour des popotes pour collecter les déchets alimentaires

Amel M’Sadek, Hélène Pecoil et Sophie Gimenez collectent les déchets alimentaires des cafés, hôtels et restaurants de Rennes à vélo. — J. Gicquel / 20 Minutes
  • Trois anciennes collègues du monde médical ont lancé en début d’année l’association Rennes du compost.
  • A vélo, elles récoltent les déchets alimentaires des cafés, hôtels et restaurants.
  • Ces biodéchets sont ensuite transformés et valorisés en compost qui sera vendu dans les prochains mois.

Elles ont toutes les trois voulu changer de voie au moment où le coronavirus débarquait dans nos vies. Usées par le monde médical mais surtout motivées par l’envie d’agir pour la planète. Anciennes collègues de travail, Sophie Gimenez, Amel M’Sadek et Hélène Pecoil forment désormais l’équipe des Rennes du compost, une association qui a vu le jour en février dans la capitale bretonne.

Depuis un mois, elles sillonnent le centre-ville avec leur vélo électrique pour collecter les déchets alimentaires d’une quinzaine de cafés, hôtels et restaurants. Un service payant qui démarre plutôt bien à en juger par le contenu des seaux et des bacs qu’elles transportent, remplis d’épluchures de fruits et légumes, de restes de repas, de coquilles d’œufs ou de marc de café. Bien souvent, ces déchets organiques finissent enfouis ou incinérés alors qu’ils peuvent être valorisés. « Ces biodéchets sont majoritairement composés d’eau, c’est aberrant de brûler de l’eau ! », souligne Hélène Pecoil.

Entre six et neuf mois pour obtenir un compost mature

Avec ses deux associées, elle s’est donc formée pour apprendre à transformer ces déchets en compost. « Ce n’est pas très compliqué mais il faut quand même en prendre soin, assure-t-elle. Car on n’obtiendra pas de compost en jetant simplement des déchets dans un composteur ». Le processus est également assez long car il faut entre six mois et un an pour que le compost soit mature.

Pour stocker les centaines de kilos de déchets collectés chaque semaine, les Rennes du compost disposent d’un vaste terrain de 1.500 m² mis à leur disposition par le Jardin des mille pas sur le site de la Prévalaye à Rennes. « Mais il nous faudra assez vite un second terrain », souligne Amel M’Sadek. Une fois que leur compost sera prêt, elles le vendront ensuite à des particuliers ou à des professionnels. « On réfléchit encore à la forme que ça prendra mais notre compost sera en tout cas certifié », souligne Sophie Gimenez.

« On ne jette plus ses déchets alimentaires à la poubelle »

Mais avant de fêter leur première fournée, les trois associées doivent jouer les VRP dans les rues de Rennes pour présenter leur service aux commerçants. « On espère gagner une quarantaine de nouveaux clients chaque année », précise Sophie Gimenez. Leur initiative a en tout cas séduit l’équipe du Magic Hall, un petit hôtel 3 étoiles situé rue de la Quintaine dans le centre-ville. « On fait attention au tri dans l’établissement et on essaie de jeter le moins possible, indique Elisa, assistante de direction. Mais les déchets alimentaires s’accumulent vite et on n’a pas d’autre choix des fois que de les jeter ».

A travers leur démarche, les trois « composteuses » entendent aussi sensibiliser les professionnels et le grand public à la question des déchets. Avec un maître-mot : « On ne jette plus ses déchets alimentaires à la poubelle », indiquent-elles en chœur.

La campagne de financement participatif prend bientôt fin

Pour les aider à financer un peu leur projet, et notamment l’acquisition de deux nouveaux vélos électriques, les Rennes du compost ont lancé un appel au financement participatif sur la plateforme Helloasso. La campagne s’achève ce vendredi avec environ 16.000 euros qui ont déjà été récoltés sur un objectif de 22.000.

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