Rennes : A Maurepas, un restaurant d’insertion pour ouvrir le quartier sur la ville

Ses couleurs vives viennent égayer la dalle glauque et vieillissante du Gros-Chêne qui le surplombe. Depuis quelques semaines, le restaurant Pépites ! a pris place au pied des tours de Maurepas à Rennes. Dans ce quartier populaire situé au nord de la ville, l’offre culinaire se résumait jusqu’à présent à des pizzas, des kebabs ou des burgers. Chez Pépites !, la cuisine est « bio, locale, de saison et à prix abordable », souligne Delphine Robin, la responsable de salle. Dans ce lieu où se mêlent les saveurs, le projet se veut aussi social.

Sur le modèle d’autres restaurants d’insertion qui ont vu le jour en France, Pépites ! accompagne des personnes éloignées de l’emploi pour leur permettre de s’insérer professionnellement dans les métiers de l’hôtellerie-restauration. Deux serveurs ont ainsi rejoint l’équipe en CDI (contrat à durée déterminée d’insertion) il y a quelques jours. David Rault fait partie des recrues. Âgé de 36 ans, ce solide gaillard a longtemps travaillé dans la restauration avant que des ennuis de santé ne viennent gâcher sa carrière. « Je me suis retrouvé à un moment au chômage, confie-t-il. Mais j’ai réussi à reprendre le fil grâce à ma référente sociale. J’ai d’abord travaillé comme compagnon chez Emmaüs avant d’intégrer Pépites ! ».

Changer l’image du quartier

Ici, les contrats de travail ne dépassent jamais les deux ans. « Le temps de remettre en selle ces personnes et de construire avec elles un projet professionnel », indique Laurent Prieur, cofondateur du projet. Restaurant d’insertion, Pépites ! est aussi un lieu de rencontre et de convivialité pour les habitants de Maurepas, un quartier qui a connu une flambée de violence en juin sur fond de trafic de stupéfiants. « Il manquait d’un endroit comme ça dans le coin pour prendre un café et papoter entre voisins », indique ce riverain, déjà habitué des lieux.

Chaque vendredi soir, Pépites ! se transforme en bistro coopératif avec une programmation culturelle construite avec les habitants et les acteurs du quartier. « On a envie que les gens s’approprient ce lieu et le fassent vivre », assure Laurent Prieur, qui espère aussi que ce projet permettra de changer l’image de Maurepas. « C’est un quartier pauvre mais il y a ici une incroyable richesse culturelle, souligne le gérant des lieux. Il y a aussi plein d’actions positives qui y sont menées et on a envie de participer à cette dynamique. »

Un peu enclavé, le quartier de Maurepas devrait également profiter de la mise en service de la ligne B du métro ce mardi pour s’ouvrir sur la ville. « J’espère que cela apportera un peu de mixité sociale dans le quartier », confie une habitante.