Rencontre Poutine-Biden : « Vous ne faites pas le bon métier »… Le président américain s’énerve contre une journaliste

Conférence de presse de Joe Biden après sa rencontre avec Vladimir Poutine à Genève, le 16 juin 2021. — AFP

Donald Trump a beaucoup été critiqué pour ses colères et son ton condescendant en conférence de presse. Après avoir rencontré Vladimir Poutine, mercredi, Joe Biden est tombé dans les mêmes travers, s’énervant, le doigt levé, contre une journaliste de CNN qui venait de lui poser une question pourtant parfaitement légitime. Avant de grimper à bord d’Air Force One pour rentrer à Washington, le président américain s’est excusé pour son « ton sec ».

La conférence de presse se termine – Joe Biden vient de quitter le podium. « Pourquoi êtes-vous persuadé qu’il [Vladimir Poutine] va changer son comportement ? », lui demande alors la journaliste de CNN Kate Collins. Le président américain se retourne et hausse le ton : « Je n’ai jamais dit que j’en étais persuadé. Ce que j’ai dit, c’est  »Ce qui changera son comportement, c’est si le reste du monde réagit et diminue leur influence dans le monde. Je ne suis sûr de rien », tempête Biden, le doigt levé. La journaliste insiste, rappelle que Poutine a nié être derrière les cyberattaques et minimise les abus des droits de l’homme. « En quoi était-ce une rencontre constructive ? », demande-t-elle au locataire de la Maison Blanche. Qui répond sèchement : « Si vous ne comprenez pas ça, vous ne faites le bon métier. »

Poutine prévenu sur les cyberattaques

Avant ce clash, Joe Biden a estimé que la tonalité de son premier sommet avec son homologue russe était « positive », mais a assuré l’avoir mis en garde contre toute interférence dans les élections américaines. « J’ai clairement dit que nous ne tolérerions pas les tentatives de violation de notre souveraineté démocratique ou de déstabilisation de nos élections démocratiques, et que nous répondrions ». « Je pense que la dernière chose qu’il veut maintenant est une Guerre froide » avec les Etats-Unis, a-t-il ajouté.

Le président américain a insisté sur les cyberattaques, un fort point de contentieux avec la Russie, et a indiqué qu’il avait expliqué à Poutine que « certaines infrastructures critiques devraient être intouchables, que cela soit par des moyens cybernétiques ou autres ». « Je lui ai donné une liste » de 16 entités spécifiques, « allant du secteur de l’énergie à nos systèmes de distribution d’eau », a-t-il précisé. « Je lui ai fait remarquer que nous avions une importante capacité cybernétique et qu’il le savait », a-t-il dit. Si la Russie viole certaines « normes fondamentales, nous répondrons », a-t-il ajouté.

Au-delà de la tentative d’ingérence dans l’élection américaine de 2016 au profit de Donald Trump, des cyberattaques massives ont récemment agacé Washington. SolarWinds, Colonial Pipeline, JBS : autant d’opérations imputées à Moscou ou à des groupes de hackers basés en Russie. La Russie, qui a toujours démenti, accuse Washington de s’immiscer dans ses affaires en soutenant l’opposition ou en finançant organisations et médias critiques du Kremlin.

« Comparaisons ridicules » sur les droits de l’homme

Pendant la conférence de presse, Joe Biden a par ailleurs dénoncé « les comparaisons ridicules » de son homologue russe sur les droits de l’homme. Répondant à une longue diatribe de Poutine qui a lui aussi donné une conférence de presse, Biden a jugé que ce dernier établissait une fausse équivalence entre une attaque « de criminels » sur le Capitole à Washington le 6 janvier et les manifestations pacifiques de gens privés de leur liberté d’expression en Russie.

« C’est une chose que des véritables criminels franchissent le cordon de sécurité, entrent de force dans le Capitole, tuent un agent de police et soient tenus pour responsables, c’en est une autre que des personnes manifestent près du Capitole et disent  »Vous ne me laissez pas parler librement » », a déclaré Joe Biden.

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