Rémunération, missions, durée : détails sur le nouveau service national militaire jeune
Le gouvernement et le ministère des Armées lancent une campagne pour recruter plusieurs milliers de jeunes pour le nouveau « service national » militaire rémunéré durant dix mois. Les jeunes hommes et femmes français âgés de 18 à 25 ans seront choisis en fonction de leur aptitude médicale, de leur motivation et de leur adéquation aux besoins des armées.
Le gouvernement et le ministère des Armées ont lancé une campagne pour recruter plusieurs milliers de jeunes pour le nouveau « service national » militaire, qui sera faiblement rémunéré et durera dix mois. Annoncée en novembre par Emmanuel Macron, cette initiative vise à renforcer le lien entre l’armée et la nation, tout en répondant aux besoins des forces armées dans un contexte stratégique incertain, selon l’Élysée. Quels en sont les enjeux, qui est concerné et quel est l’objectif de ce service ? 20 Minutes vous donne les détails.
Qui est concerné ?
Ce service national s’adresse aux jeunes hommes et femmes français de 18 à 25 ans. Environ 80 % des volontaires auront entre 18 et 19 ans et pourront envisager cette période comme une année de césure avant de poursuivre leurs études supérieures, leurs choix sur Parcoursup étant préservés. Les 20 % restants, ayant des profils plus spécialisés (ingénieurs, infirmiers, analystes de données, etc.), pourront faire leur service jusqu’à 25 ans et accéder au grade d’aspirant, le premier grade d’officier.
Les candidats seront sélectionnés selon leur aptitude médicale, leur motivation et leur adéquation aux besoins des armées, a indiqué la ministre Catherine Vautrin. Ceux qui seront retenus recevront environ 800 euros bruts par mois et bénéficieront du logement, de la nourriture et de l’équipement pendant les dix mois de service.
Quelle formation pour les recrues ?
Après un mois de formation militaire de base, les volontaires seront intégrés aux unités de l’armée de Terre, de l’Air et de l’Espace, ou de la Marine. Ils seront formés à réagir dans des situations difficiles, à travailler en équipe et à évoluer selon des principes d’égalité, de fraternité et de mérite. Les missions pourront inclure le pilotage de drones, la protection d’une base aérienne, des fonctions de fantassin ou de simulateur d’entraînement, ainsi que l’embarquement sur un navire pour 20 % des appelés de la Marine.
Pourquoi cette initiative ?
Le général Fabien Mandon, chef d’état-major des armées, souligne que ce service permettra de contribuer à la protection des citoyens et du pays dans un environnement jugé instable sur le plan stratégique. Ce dispositif est uniquement national et n’enverra pas de volontaires à l’étranger, même en cas de conflits avec d’autres armées, comme celle de la Russie.
Quels sont les objectifs ?
Ce nouveau service militaire s’inscrit dans une « évolution à long terme vers un modèle d’armée plus hybride », selon Catherine Vautrin. L’armée prévoit d’enrôler 3 000 jeunes en 2026, 4 000 en 2027 et 10 000 en 2030, avec l’objectif d’atteindre 42 500 volontaires par an d’ici 2035. Les jeunes ayant complété leur service auront la possibilité de poursuivre leurs études, de s’engager dans la réserve opérationnelle ou d’intégrer l’armée active. Ils seront en revanche intégrés durant cinq ans dans la réserve de disponibilité, avec la possibilité d’être rappelés pour un maximum de cinq jours par an.
Quel est le coût ?
Le coût total du service national pour la période 2026-2030 est estimé à 2,3 milliards d’euros, dont 1,4 milliard consacrés aux infrastructures et 150 millions pour la première année. La campagne de recrutement sera relayée dans la presse régionale, sur un site dédié et sur les réseaux sociaux, et présentée lors de la journée de défense et citoyenneté, qui sera désormais appelée « Journée de mobilisation ».

