Régionales : « Il faut voter dehors partout où c’est possible », demande le président de la Mayenne


La queue devant un bureau de vote à Strasbourg, lors des municipales 2020. Illustration. — P. Hertzog/AFP
  • En cette période de crise sanitaire, le président du conseil départemental de Mayenne souhaite un vote à l’extérieur pour les régionales et les départementales, afin de « rassurer les électeurs » les 20 et 27 juin prochains.
  • Olivier Richefou (UDI) demande au gouvernement de donner un véritable « feu vert » aux maires.

Dans deux mois jour pour jour, les Français seront appelés aux urnes pour le premier tour des élections départementales et régionales, reportées d’une semaine. Mais comment organiser le scrutin en pleine crise sanitaire ? Alors que le gouvernement a dévoilé de premières pistes, et notamment la vaccination ou à défaut un test pour les assesseurs, certaines voix réclament d’organiser le scrutin en extérieur. C’est le cas d’Olivier Richefou (UDI), président du conseil départemental de Mayenne, candidat à sa succession.

Pourquoi demandez-vous d’organiser le scrutin à l’extérieur ?

Olivier Richefou, président du conseil départemental de Mayenne (UDI)

Quand des choses marchent ailleurs, il faut savoir s’en inspirer. Deux exemples m’ont marqué récemment, en plus du fait que la quasi-totalité des pays ont maintenu leur calendrier électoral. Il y a d’abord eu Israël, mais il y fait beau ! Beaucoup plus récemment, les Pays-Bas ont aussi organisé leurs élections législatives totalement à l’extérieur. Ce qui est intéressant est que le taux de participation a été supérieur aux dernières élections de 2017 : ça montre que techniquement c’est possible, et que c’est aussi très important pour l’expression démocratique. Aucun élu n’a envie de l’être avec 20 % de la population. Des dispositifs ont été évoqués pour les assesseurs, il en faut aussi pour rassurer les électeurs.

Comment cela pourrait-il se passer concrètement ?

Il faut voter dehors partout où c’est possible. Pour une commune qui a son lieu de vote dans une école, il suffira de sortir les tables sous le préau, l’isoloir un peu plus loin. Les barnums dont disposent de nombreuses communes peuvent être utilisés si la météo s’annonce défavorable. Mais les 20 et 27 juin, il ne gèlera pas, les conditions seront tout à fait raisonnables. Là où ce ne sera pas possible, tant pis, mais il faut laisser cette faculté aux maires. Rien ne l’interdit dans le code électoral, si la sécurité du scrutin est respectée, mais les maires attendent un véritable feu vert pour s’organiser.

Vous plaidiez il y a plusieurs mois pour le vote électronique…

Oui, et je regrette qu’on ne l’ait pas mis en œuvre, comme en Allemagne par exemple où personne ne remet en cause la légimité des personnes élues ! En France, il y a une suspicion de fraude qui dit que le vote par correspondance pourrait être influencé par un tiers. Ce vote aurait par exemple pu être accessible aux gens de plus de 70 ans. Je crois qu’un électeur doit pouvoir voter aujourd’hui par différents canaux, et un jour de façon électronique. L’objectif serait que la majorité de nos concitoyens puisse s’exprimer. Mais ce sera pour une prochaine fois.

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