Régionales dans le Grand-Est : La droite peut-elle être bousculée ?

Elections régionales 2021: Un deuxième mandat pour Jean Rottner ou une alternance dans le Grand-Est? — 20 Minutes

  • La crise sanitaire liée au Covid-19 a décalé de trois mois les élections régionales. L’Assemblée nationale a fixé, mi-février, les dates des élections aux 13 et 20 juin.
  • A quatre mois du scrutin, 20 Minutes fait le point sur les candidats déclarés ou annoncés pour succéder à Jean Rottner, président de la région Grand-Est depuis octobre 2017.
  • Peu de candidats ont officiellement annoncé leur candidature pour une élection qui pourrait bien être un éternel recommencement pour la droite républicaine fortement ancrée, particulièrement en Alsace.

Légèrement moins bien élu en 2017 que son prédécesseur Philippe Richert (LR) qui avait quitté ses fonctions prématurément, Jean Rottner (LR), actuel président de la région Grand-Est n’a toujours pas dévoilé ses intentions pour ces élections régionales. Prévues en mars mais repoussées à cause de la crise sanitaire, elles se tiendront finalement les 13 et 20 juin prochains.

Même si tout peut laisser présager qu’il briguera un nouveau mandat, dans une région ancrée traditionnellement à droite, le président sortant n’est pas le seul à rester sur sa réserve. Si bien que les têtes de liste officielles se comptent sur les deux doigts d’une main… A quatre mois seulement de l’ouverture des urnes, les tractations dans la région Grand-Est vont bon train. Petit tour d’horizon des forces en présence.

Jean Rottner bien silencieux

Pour l’instant, pas un mot. Médecin urgentiste de métier, Jean Rottner garde pour lui son diagnostic. L’élu alsacien est aujourd’hui clairement identifié auprès des Français comme un personnage central de la région Grand-Est, notamment grâce à sa présence médiatique sur la gestion de la crise de Covid-19. Faits d’armes sur les commandes de masques, campagne poussive de vaccination qualifiée de « scandale d’Etat », son sens de l’anticipation, ont  fait mouche. Si le chemin semble bien balisé, l’ex-maire de Mulhouse doit cependant surveiller dans son rétroviseur la ministre alsacienne et ex-présidente du conseil général du Haut-Rhin  Brigitte Klinkert avec sa liste Renaissance. Cette dernière pourrait bien lui faire ombrage ou du moins lui donner du fil à retordre pour peu qu’elle soit poussée par LREM, ce qui pourrait bien être le cas selon nos confrères du Figaro.

Bérangère Abba, vraiment tête de liste LREM-MoDem ?

Les choses semblaient claires à LREM qui avait désigné la secrétaire d’Etat secrétaire chargée de la Biodiversité Bérangère Abba, élue de Haute-Marne, comme chef de file. Mais son manque de notoriété pourrait ne pas faire l’affaire. D’où l’apparition du nom de  Brigitte Klinkert, très impliquée dans la création de la Collectivité européenne d’Alsace (CEA), comme tête de liste potentielle. L’élue haut-rhinoise peut compter sur l’appui de nombreux députés de la région, un fort capital sympathie des Alsaciens et à un solide ancrage local. De quoi séduire le parti présidentiel.

Laurent Jacobelli, tête de liste pour le RN

Un chamboule-tout politique qui pourrait bien bénéficier au Rassemblement national (RN), en embuscade. Alors que la liste devait être conduite par Virginie Joron, l’actuelle présidente du groupe RN du conseil régional, c’est finalement  Laurent Jacobelli qui a été nommé tête de liste. Originaire des Vosges, il a déjà tenté l’aventure des régionales dans le Grand-Est en 2015 mais pour Debout la France. Secrétaire national aux élus et porte-parole du RN, son programme « correspondra à celui déployé par tous les candidats du RN, et c’est normal », nous fait savoir le parti. Un programme qui n’a pas encore été communiqué.

Eliane Romani, tête de liste pour les écologistes

Les écologistes, plein d’espoirs après leur ascension aux municipales (et des victoires notamment à Strasbourg ou Schiltigheim) sont les premiers en ordre de bataille après une alliance avec cinq autres partis écologistes (Génération. s, Génération Ecologie, le Mouvement des progressistes, l’Alliance écologiste indépendante et CAP 21). Si EELV n’a pas d’élus sortants à présenter à ce scrutin, tous les feux sont au vert pour leur tête de liste désignée, Eliane Romani. Agée de 63 ans, engagée depuis vingt ans chez les Verts puis EELV, cette ancienne adjointe au maire de Thionville annonce sa volonté de « contrer le projet de « start-up région » de Jean Rottner ».

A gauche, un « Appel Inédit », une union de la gauche ?

Pas de tête de liste désignée pour l’instant chez les socialistes. Des discussions existeraient avec les écologistes via les élus de Strasbourg et Nancy. Mais le Parti socialiste doit pour l’instant gérer « l’Appel Inédit » pour le Grand-Est, lancé par la socialiste Pernelle Richardot, conseillère régionale et conseillère municipale de Strasbourg, la députée Insoumise Caroline Fiat et l’ex-ministre Aurélie Filippetti. Un appel qui propose de rassembler toutes les forces de gauche autour d’elles. Quant au PCF, qui a déjà choisi comme chef de file Hülliya Turan, adjointe à la maire de Strasbourg, et Bora Yilmaz, adjoint au maire de Nancy, il appelle également à un rassemblement des forces de gauche.

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