Régionales 2021 : Le report du scrutin, nouveau casse-tête de l’exécutif

Jean Castex a annoncé la sortie d’une nouvelle version de l’application de traçage des cas de coronavirus en France — FRED SCHEIBER/SIPA

  • En raison du rebond de l’épidémie de coronavirus, le report des élections régionales et départementales, prévues en mars, est de nouveau posé.
  • Selon nos informations, le Premier ministre, qui ouvrira le congrès des Régions de France lundi, entamera ensuite des discussions avec les responsables des partis politiques sur cette question mercredi.
  • Accusé par l’opposition de vouloir reporter le scrutin par stratégie politique, l’exécutif joue la consultation pour trouver un consensus.

Un dossier délicat de plus sur le bureau de Jean Castex. Le rebond de l’épidémie de coronavirus menace les élections  régionales et départementales prévues en mars prochain. « Le gouvernement sera extrêmement vigilant à ce que l’organisation des élections et de la campagne se fasse dans des conditions sanitaires exemplaires parce qu’il en va d’un enjeu de santé publique mais aussi d’un enjeu démocratique », a indiqué le Premier ministre jeudi, rappelant la faible participation aux dernières municipales.

Jean Castex a pris soin de ne pas trancher sur un éventuel report du scrutin de mars. Car cette question, qui agite le débat politique depuis déjà plusieurs mois, est hautement inflammable.

Castex recevra la semaine prochaine les responsables des partis

En début de semaine, sept présidents de département, majoritairement de la région Grand Est, ont demandé que les élections départementales soient repoussées de trois mois. Mais dans le même temps, plusieurs élus ont plaidé le contraire. « Je pense qu’il faut les laisser en mars », a indiqué jeudi sur LCI le président LR de Provence-Alpes-Côte-d’Azur, Renaud Muselier, ajoutant qu’il « ne faut pas toucher en permanence aux dates électorales ». Un argument repris notamment par la présidente d’Ile-de-France, Valérie Pécresse : « La démocratie, elle ne doit se manipuler, se toucher, qu’avec d’infinies précautions. »

Pour déminer ce dossier explosif, l’exécutif veut montrer qu’il est à la recherche du consensus. Le porte-parole du gouvernement, Gabriel Attal, a annoncé jeudi qu’une commission associant « l’ensemble des forces politiques » étudiera un éventuel report des élections départementales et régionales. Dans la foulée, Jean Castex a précisé que ce groupe de travail serait chapeauté par « une personnalité incontestable » et devra s’appuyer sur les travaux du Conseil scientifique.

Selon nos informations, Jean Castex réunira à Matignon les responsables des partis politiques, les présidents de l’Assemblée nationale et du Sénat et plusieurs ministres pour évoquer ces questions. « Une rencontre est prévue mercredi », confirme Matignon à 20 Minutes. « Nous souhaitons avoir une consultation politique et un éclairage sanitaire avant de prendre une décision »

« On ne peut pas reporter les élections pour convenance personnelle d’Emmanuel Macron »

Mais cette « commission des sages » ne convainc pas tout le monde. « C’est toujours bien de discuter, mais ce n’est pas à une commission, avec je ne sais quel sage à sa tête, de décider de la date des élections. Un décret doit fixer la date. Il faut sortir du flou, car le flou empêche la campagne », assure Julien Bayou, patron d’EELV. « Il y a une espèce de légèreté avec laquelle on mettrait la démocratie sous cloche. Si des élections en mars prochain sont menacées, cela doit nous interroger sur l’efficacité des décisions qui sont prises aujourd’hui. Il faut des critères objectifs. On ne peut pas reporter les élections pour convenance personnelle d’Emmanuel Macron », ajoute l’écologiste, candidat en Ile-de-France.

En juin dernier, Emmanuel Macron aurait en effet, selon Le Figaro, proposé aux présidents de région une aide financière de l’Etat en échange de leur soutien pour le report du scrutin après 2022. Un changement de calendrier qui, au passage, empêcherait  Xavier Bertrand (Hauts-de-France), voire Valérie Pécresse ou Laurent Wauquiez (Auvergne-Rhône-Alpes) d’utiliser le scrutin de mars prochain comme tremplin pour la présidentielle de 2022. L’opposition accuse aussi l’exécutif de vouloir repousser ce dernier grand test électoral du quinquennat pour s’éviter une nouvelle défaite à un an de la présidentielle.

« Les gens pensent à leur santé et à leur boulot, pas aux régionales, réplique François Patriat, chef des sénateurs LREM et proche d’Emmanuel Macron. On ne va pas organiser une campagne dans un climat de restriction sanitaire, alors qu’on dit aux gens qu’ils ne peuvent pas sortir de chez eux. » Le sujet devrait alimenter les débats du congrès des Régions de France, qui s’ouvre lundi à Saint-Ouen en présence… de Jean Castex.

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