Réforme des retraites : Que révèle l’étude d’impact intermédiaire du futur système par points ?

Les membres du gouvernement responsables de la réforme des retraites face à Laurent Berger de la CFDT, début janvier, à Matignon. — Jacques Witt/SIPA

Peu de données officielles filtrent sur le véritable niveau des pensions une fois que le système de retraite par points, voulu par le gouvernement, sera mis en place. Le Monde a eu accès à une « version intermédiaire » de l’étude d’impact menée par le gouvernement. Dans ses colonnes, le journal du soir parle de « conséquences très contrastées suivant les métiers ».

Dans cette étude, une vingtaine de scénarios différents sont testés. Pour les salariés sans enfants, la réforme n’a pas de conséquences, pour peu qu’on ne parte pas à la retraite avant l’âge d’équilibre. Pour une carrière continue au salaire minimum, une personne née en 1980 et qui part à la retraite à 65 ans, le taux de conversion (c’est-à-dire le pourcentage du dernier salaire touché comme pension) progresse fortement dans le nouveau système : 70 % contre 59 %, grâce à la nouvelle pension minimum.

Travailler plus longtemps

Pour quelqu’un avec une carrière complète mais cette fois ascendante, le gain reste mais est moins important : le taux de conversion atteint 62 % contre 60 % dans le système actuel. Tout cela indique néanmoins qu’il faudra bien travailler plus longtemps pour profiter de ces gains.

Pour les fonctionnaires, l’étude d’impact parle aussi de gains, notamment pour ceux dont la progression en fin de carrière était faible, notamment grâce à la prise en compte des primes… Mais cela comprend le fait que ceux et celles-là vont devoir partir bien plus tard à la retraite, sauf quelques exemptions comme dans la police.

Le soutien est toujours là

Un gros bémol à tout cela : ici est testé un âge pivot qui ne bouge pas, autour de 65 ans. Or, dans les décennies à venir, si on en croit le texte du gouvernement, cet âge pourrait augmenter progressivement jusqu’à 67 ans et plus pour les générations nées dans les années 1990. Une notion qui pourrait largement changer la donne et qui risque d’attirer les critiques sur la crédibilité de l’étude, qui précise toutefois que certains cas-types nécessitent encore des « vérifications », précise Le Monde.

Cette étude est dévoilée alors qu’une petite majorité de Français (51 %) expriment toujours du soutien (29 %) ou de la sympathie (22 %) pour la mobilisation contre la réforme des retraites après plus de quarante jours de grève : selon un sondage Ifop publié par le Journal du dimanche et réalisée jeudi et vendredi, soit après le retrait de la très contestée mesure de court terme qui consistait à introduire un âge pivot dès 2022, les opinions favorables à ce mouvement d’une durée historique ne faiblissent pas.

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L’enquête a été réalisée par questionnaire auto administré en ligne auprès d’un échantillon de 1.006 Français âgés de 18 ans et plus dont la représentativité a été assurée par la méthode des quotas. Marge d’erreur comprise entre 1,4 et 3,1 points.

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