Réforme des retraites : Le Pen dit « comprendre » les Français qui manifesteront

Marine Le Pen a dit samedi « comprendre » les Français qui manifesteront contre la réforme des retraites, sans appeler explicitement à se joindre aux mobilisations syndicales et politiques prévues.

« Qu’il y ait des gens qui se mobilisent, qui aillent dans la rue, je peux le comprendre, pour défendre leurs droits bien entendu. Parce que, encore une fois, ils vont être frappés de plein fouet » par le recul de l’âge de départ à 64 ans prévu par le gouvernement, a affirmé sur BFMTV la leader d’extrême droite en marge d’un déplacement à Fismes, dans la Marne.

Abrogation sans obstruction

« Je ne crois pas du tout qu’Elisabeth Borne arrivera à convaincre. Plus le débat portera sur les retraites, et nous serons les premiers acteurs de ce débat, plus les Français comprendront qu’ils sont véritablement escroqués avec cette réforme », a ajouté la députée RN, premier parti chez les ouvriers.

« Je ne sais pas s’il y aura une mobilisation majeure mais ce qui est sûr c’est qu’une grande majorité des Français y sont totalement opposés », a encore dit la députée du Pas-de-Calais, qui veut l’abrogation de la réforme mais n’entend pas faire d’obstruction à l’Assemblée lors de l’examen du texte.

Une élection symbole

Marine Le Pen s’est rendue dans la Marne pour soutenir la députée RN Anne-Sophie Frigout, qui s’était imposée lors des législatives en juin, avant que son élection soit annulée.

La responsable du RN entend faire de cette élection partielle des 22 et 29 janvier un référendum pour ou contre la réforme des retraites.

Oppositions à la réforme 

Le gouvernement prévoit dans son projet de reporter progressivement à 64 ans l’âge de départ à la retraite, au lieu de 62 ans actuellement, tout en accélérant l’allongement de la durée de cotisation.

Les principaux syndicats, unanimement opposés à cette réforme, ont annoncé une première journée de grève et manifestations le 19 janvier, à laquelle l’ensemble de la gauche a appelé à se joindre.

Les sondages montrent aussi que les Français sont majoritairement hostiles à la réforme.