Réforme des retraites : Elisabeth Borne espère encore « un chemin » avec LR

Élisabeth Borne affirme « pouvoir trouver un chemin » avec les Républicains (LR) sur la réforme controversée des retraites, dont elle doit annoncer les contours à la mi-décembre. « Je n’ai pas toujours eu un accueil enthousiaste de la part de certains » présidents de groupes parlementaires « mais je pense qu’avec d’autres, les Républicains par exemple, on doit pouvoir trouver un chemin », déclare la Première ministre dans un entretien au Parisien, mis en ligne jeudi soir.

Borne réunira plusieurs ministres vendredi après-midi au sujet de la réforme des retraites, a appris l’AFP auprès de Matignon. La Première ministre, qui ne dispose pas d’une majorité absolue à l’Assemblée nationale, a donc besoin de l’appui de députés d’opposition pour espérer faire adopter sa réforme sans recourir à l’article 49.3. Les Républicains sont traditionnellement favorables à une réforme des retraites repoussant l’âge légal de départ.

Une réforme « nécessaire », dit Borne

Le gouvernement « sera à l’écoute des propositions des uns et des autres », assure la cheffe du gouvernement, interrogée sur la proposition, adoptée chaque année par le Sénat, à majorité de droite, de reporter l’âge de départ à 64 ans en contrepartie d’un allongement de la durée de cotisation.

La proposition initiale d’Emmanuel Macron était de reporter progressivement l’âge de départ à 65 ans, mais il s’est dit depuis « ouvert » à un report à 64 ans avec un allongement de la durée de cotisation.

Sur les éventuelles manifestations des opposants à cette réforme, Élisabeth Borne admet qu’« il y a un droit de manifester » mais réaffirme que « cette réforme est nécessaire pour sauver notre système de retraites ». Elle assure que la réforme sera « progressive » et que les premières personnes concernées seront celles « nées en 1961 », elles « travailleront quelques mois de plus avant de pouvoir atteindre l’âge légal ».

L’exécutif en retrait

Elle précise que le principe des « carrières longues » permettant de partir deux ou quatre ans avant l’âge légal sera « assoupli pour ceux qui ont vraiment commencé à travailler très tôt ». Pour les femmes, elle dit ne pas vouloir augmenter l’âge d’annulation de la décote, « qui restera à 67 ans ».

Le dernier cycle de concertation avec les partenaires sociaux sur la réforme, axé sur le « financement » donc l’âge légal de départ, a démarré jeudi soir au ministère du Travail. Attendu au tournant, l’exécutif reste en retrait et aucun document de travail n’a pour l’heure été envoyé aux partenaires sociaux, contrairement au cycle précédent sur « l’équité et la justice sociale ».