Réforme des retraites : Âge légal de départ, pension minimale, régimes spéciaux… Elisabeth Borne dévoile le projet

Vers de nouvelles grèves nationales contre la réforme des retraites ? Cette dernière devient de plus en plus concrète alors que la cheffe du gouvernement dévoile les premières mesures qu’elle contiendra dans une interview au Parisien. L’annonce officielle est prévue pour le 15 décembre et Elisabeth Borne promet qu’elle sera présentée « avant les vacances de Noël, comme prévu ». Rien est encore gravé dans le marbre puisque les discussions avec les organisations syndicales et patronales n’ont pas encore eu lieu.

Âge de départ à 65 ans

Quelques pistes sont toutefois révélées ou confirmées, notamment un âge de départ à la retraite reporté à 65 ans. « L’engagement porté dans la campagne », c’est 65 ans, explique la Première ministre, avec un « report progressif de l’âge de départ à la retraite de 62 à 65 ans d’ici 2031 ». Toutefois, « s’il y a un autre chemin proposé par les organisations syndicales et patronales qui permette d’atteindre le même résultat, on l’étudiera, affirme Elisabeth Borne. On peut discuter. » Par ailleurs, le gouvernement a « décidé de ne pas augmenter l’âge d’annulation de la décote, qui restera à 67 ans. » Quant au système des « carrières longues », « permettant de partir deux ans ou quatre ans avant l’âge légal de la retraite », « il sera maintenu », ajoute-t-elle.

L’emploi-retraite valorisé

Elisabeth Borne annonce également vouloir favoriser le travail des retraités. « Aujourd’hui, les retraités qui travaillent sont soumis à des cotisations sans que des droits supplémentaires à la retraite ne leur soient ouverts. Nous allons changer cela pour permettre d’améliorer le montant de la retraite et inciter au travail. Nous allons aussi simplifier et rendre le dispositif de retraite progressive plus incitatif pour favoriser les temps partiels en fin de carrière. Nous sommes prêts à élargir ce dispositif à la fonction publique », développe-t-elle.

La fonction publique concernée

Les policiers avaient fait partie des grévistes en 2019, quand un mouvement inédit de protestation contre la réforme des retraites avait duré plusieurs mois avant que le Covid-19 n’emporte avec lui le projet de loi porté par le gouvernement. A la question de savoir si les policiers seront également soumis à un décalage de leur départ à la retraite, la Première ministre répond au quotidien que « si on doit travailler un an, deux ans ou trois ans de plus, ça concernera toutes les catégories professionnelles mais la réforme ne sera pas uniforme, on tiendra compte des situations de départ. »

Par ailleurs, « les nouveaux recrutés des régimes spéciaux seront affiliés au régime général d’assurance vieillesse », et cela concerne notamment la Banque de France, la RATP ou encore les salariés des Industries électriques et gazières (IEG).

Un minimum à 1.200 euros

Le minimum d’une pension pour les carrières complètes sera équivalent à 85 % du Smic. Sachant que ce dernier augmente, légèrement, de manière automatique avec l’inflation, le minimum sera de « 1.200 euros au moment du départ à la retraite pour une personne qui a tous ses trimestres », selon Elisabeth Borne.

Pour l’été 2023

Selon le souhait du gouvernement, la réforme devrait être mise en application dès l’été 2023 et concernera alors la « génération née au deuxième semestre 1961 », précise la Première ministre. Ceux-là devront travailler « quelques mois de plus », nuance-t-elle, car cette réforme se fera tôt mais progressivement.