Real Madrid – PSG: « Sur ces dernières années, on est en crédit »… Les Parisiens s’estiment (encore) lésés par l’arbitrage

Les Parisiens protestent après l’annulation par l’arbitre d’un penalty et d’un carton rouge pour Courtois lors de Real-PSG, le 26 novembre 2019. — Dave Shopland/BPI/REX/SIPA

  • Mené 2-0, le PSG est allé chercher le match nul en fin de rencontre face au Real Madrid, mardi soir. 
  • En fin de première période, les Parisiens auraient pu bénéficier d’un penalty et finir le match à 11 contre 10, mais l’arbitre de la rencontre a décidé d’annuler ses décisions. 
  • Ce n’est pas la première fois que Paris a quelques soucis avec l’arbitrage en Ligue des champions. 

De notre envoyé spécial à Madrid,

Si le score en était resté à 2-0, on aurait eu quelques scrupules à revenir sur cet épisode. Mais comme les Parisiens ont eu la bonne idée de jouer au foot dix minutes sur la pelouse du Real, allons-y gaiement. Parce que ce qu’il s’est passé à la 42e minute avec l’arbitre Artur Dias et ses acolytes dans le camion vidéo vaut son pesant de cacahuètes, indépendamment du contenu du match du PSG, dont les intéressés sont conscients. « On était dans un moment très difficile, ça on le sait bien, mais c’est une décision qui peut changer le match », peste Leonardo.

Petit rappel des faits : Sur un ballon anodin au milieu de terrain, Marcelo se rate de la tête, Gueye l’écarte légèrement du bras et récupère le ballon, sert Di Maria, qui lance Icardi, que Courtois vient faucher à l’entrée de la surface. L’arbitre siffle penalty et adresse un carton rouge au gardien belge. Mais alors qu’Areola s’apprête à rentrer, les assistants VAR s’en mêlent. Ils incitent leur collègue à aller revoir l’action depuis le début, et ce dernier décide finalement de tout annuler et de siffler une faute de Gueye au départ de l’action.

Sur le recours à la vidéo, pas de problème. Cette action entrait dans les quatre situations décrites dans le règlement, à savoir un but, un penalty, un carton rouge direct et une identité erronée sur un carton. Là où il y a débat, en revanche, c’est sur l’utilisation qu’en a faite l’arbitre. Les images le montrent, il était juste à côté de Marcelo et Gueye lors du contact et il a signifié qu’il avait vu mais qu’il estimait qu’il n’y avait pas faute.

« La seule chose à contrôler, c’était si la faute était à l’intérieur de la surface ou pas »

Il est donc remonté au début de l’action pour se déjuger sur une faute très légère, qui se siffle ou non mais qui ne peut être considérée comme une grosse erreur. Or, « la décision initiale prise par l’arbitre ne sera pas modifiée à moins que l’analyse vidéo n’indique clairement que la décision est une erreur manifeste », est-il écrit dans le point 3 du règlement.

L’interprétation faite par l’arbitre de la règle peut donc se discuter. Les Parisiens se sentent lésés, en tout cas. « Pour moi, la seule chose à contrôler, c’était si la faute était à l’intérieur de la surface ou pas, estime Thomas Tuchel. La faute de Gana (Gueye), je ne l’ai pas revue après le match (…), mais pour moi, sur le terrain, ce n’était pas une grande erreur. L’arbitre a décidé de laisser jouer. Ce n’était pas clair, et pour moi, le VAR ne pouvait pas l’appeler. Mais je ne suis pas sûr si j’ai raison ou pas sur ça. »

En fait, personne ne sait vraiment. C’est ça qui est magique avec cet outil. Au-delà de ça, et sans entrer dans les théories du complot, on peut quand même noter qu’entre Barcelone, Manchester United et maintenant le Real, le PSG n’est jamais épargné depuis quelques saisons. Les supporters enragent, et ils ne sont pas les seuls.

Je peux les comprendre, c’est sûr, dit Leonardo. Mais je ne veux pas croire que c’est contre le PSG, sinon c’est fini. On va dire que sur ces dernières années, on est en crédit. »

Si ce n’est pas contre le PSG, c’est peut-être pour les autres. Tuchel y pensait peut-être un peu quand la veille du match, il avait dit que Bernabeu était l’un des stades où il était le plus dur de jouer en Ligue des champions. Le poids de l’histoire crée un contexte dont il est compliqué de se départir, on en avait parlé longuement après le 6-1 encaissé au Camp Nou. Le PSG peut parfois en profiter en Ligue 1, mais on est toujours le petit de quelqu’un.

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