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Real Madrid – Monaco : Alonso viré, défis du vestiaire à relever.

Le Real Madrid a connu une période difficile après le départ de Xabi Alonso, ce qui avait conduit Florentino Pérez à une démission en 2006. Alvaro Arbeloa a déclaré, à la veille du match contre Monaco, que « si je veux avoir une chance de gagner, j’ai besoin de lui » en parlant de Vinicius.


Les retrouvailles avec l’AS Monaco en Ligue des champions rappellent un douloureux souvenir à Madrid, celui d’une élimination humiliante en quarts de finale face à une équipe jugée insignifiante par les Galactiques. Bien que le club du Rocher soit éloigné de son niveau de 2004, comme en témoigne sa récente défaite contre Lorient, le contexte actuel du Real Madrid, avec le départ de Xabi Alonso, l’arrivée d’Arbeloa et un vestiaire difficile, évoque la crise provoquée par cette soirée fatidique à Louis-II, qui a conduit Florentino Pérez à démissionner en 2006, après trois saisons sans trophée.

Ce départ agit comme un électrochoc pour revitaliser une équipe de stars vieillissantes et capricieuses, telles que Figo, Zidane et Ronaldo Nazario, plus enclines à demander le limogeage de José Antonio Camacho après six matchs qu’à se remettre en question. « J’aurais souhaité mieux leur inculquer la notion d’effort, que chaque jour il faut faire en sorte de gagner sa place », confiait Florentino Pérez il y a 22 ans. « Nous avons formé une équipe de grands joueurs dont je suis seul responsable, je les ai mal élevés et ils se sont trompés. J’ai agi comme un père qui donne ce qu’il y a de mieux à ses enfants et les induit en erreur. Je suis le seul coupable. »

Dans un monde normal, le président du plus grand club du monde aurait tiré des leçons de son expérience en ne laissant pas trop de pouvoir à ses stars. Cependant, dans la réalité actuelle, Vinicius a pu remettre en question l’autorité de son entraîneur en direct lors d’un clasico, sans réelle conséquence. Fede Valverde exprime son mécontentement de jouer latéral droit, tandis que Jude Bellingham tarde à se conformer au système en place. Florentino préfère les stars à ses entraîneurs, ce qui a généré la richesse du Real. Ainsi, il est impératif de les aligner, souvent au détriment des idées des entraîneurs comme Xabi Alonso, Julen Lopetegui ou Rafael Benitez. La tendance pourrait s’inverser le jour où les principes de jeu auront un impact sur les ventes.

« Si un entraîneur prétend à un style interventionniste au Real Madrid, il va se heurter à l’autorité du président, qui souhaite aussi intervenir, même dans les aspects sportifs », révèle Diego Torres, journaliste d’El Pais. Le président s’immisce dans la composition des équipes, le schéma tactique, en tranchant entre un 4-4-2, un 4-3-3, ou cinq défenseurs.

C’est également lui qui décide, une année – contre l’avis de Carlo Ancelotti – que Toni Kroos n’a pas besoin de successeur, puis l’année suivante que Luka Modric – contre l’avis de Xabi Alonso – non plus. « L’influence du président est majeure, rendant la gestion du vestiaire délicate pour un entraîneur. C’est le facteur déterminant. »

La magie du poste ? Si l’entraîneur échoue à faire jouer les Merengues, à gagner tout en validant les choix de Florentino et en satisfaisant les egos, c’est de sa faute. Selon un récit du départ de Xabi Alonso rapporté par Cadena SER, le président l’aurait accusé de ne pas réussir à gérer son vestiaire. Alonso aurait répondu que chaque fois qu’il a tenté de le faire, le club a pris le parti des joueurs contre lui et qu’il n’a jamais soutenu son entraîneur.

Il aurait probablement fait référence à la phrase qui a contribué à son mal-être, prononcée par Pérez après le Clasico-gate : « tu dois être plus affectueux envers Vinicius ». Ce conseil a été moyennement suivi. Lors de la récente victoire (5-1) du Real contre le Betis, Alonso a encore critiqué le Brésilien pour son pressing insuffisant. « Eh, putain Vini. Vas-y mec, fais le pressing, putain, fais le pressing ! Ne t’arrête pas, vas-y ! » Des remarques d’entraîneur, certes, mais surtout des choses à ne pas dire impunément à une star.

Xabi Alonso aurait-il péché par amour-propre avec un rôle lui demandant parfois de se faire discret ? « Ceux qui ont réussi au Real Madrid sont des personnes, des entraîneurs ayant une capacité extraordinaire à équilibrer leurs relations avec les joueurs et avec le président », résume Diego Torres. Carlo Ancelotti et Zinédine Zidane sont les meilleurs exemples. Dans une vidéo de Hamidou Msaidie, ancien adjoint de ZZ, ce dernier explique son management à Madrid : « On était à la disposition des joueurs. Pour moi, c’est ce qui fait la force de quelque chose, tu es là pour le joueur. Si tu n’as pas compris ça, tu ne peux pas durer dans ce métier. Tu es là pour les accompagner. »

Faute de remplaçant crédible pour succéder à Xabi Alonso, le Real Madrid a opté pour Álvaro Arbeloa, un homme qui cherche à plaire à tous, peut-être un peu trop. L’ancien défenseur du club et de la Roja est devenu un « meme » en raison de sa tendance à exagérer. « Et que je m’arrête devant les 15 trophées de la C1 devant les caméras alors que je passe devant tous les jours depuis 15 ans. »

« Il sera sur le terrain tant qu’il sera disponible et qu’il continuera à fournir les performances qu’il fournit actuellement, a déclaré Arbeloa à la veille du match contre Monaco. C’est un footballeur fantastique, exceptionnel. En tant qu’entraîneur du Real Madrid, si je veux avoir une chance de gagner, j’ai besoin de lui. J’ai besoin de Vinicius sur le terrain. »

Preuve que la méthode douce fonctionne peu ou pas mieux que celle de Xabi Alonso, Florentino Pérez ne semble pas considérer Álvaro Arbeloa comme un entraîneur crédible à long terme. Celui-ci rêve secrètement de Jurgen Klopp et, à défaut, de José Mourinho. « Personne ne l’apprécie plus au Real que Florentino », sourit Diego Torres. Le Mou est peut-être le seul entraîneur capable d’être plus grand qu’un vestiaire rempli de Galactiques. Plus insupportable, aussi. Mais c’est encore une autre affaire.