Réactions des Américains aux ambitions de Donald Trump sur le Groenland.
Depuis la capture du président vénézuélien Nicolás Maduro le 3 janvier 2026, Donald Trump a remis au premier plan un projet de prise de contrôle du Groenland, affirmant que les États-Unis avaient « besoin du Groenland » pour leur sécurité nationale. Selon un sondage Reuters-Ipsos, seuls 26 % des Américains soutiennent une politique visant à dominer l’hémisphère occidental.
Depuis l’arrestation du président vénézuélien Nicolás Maduro, le 3 janvier 2026, Donald Trump affiche une position claire. À la suite de cette opération militaire, le président américain a remis au goût du jour un projet longtemps jugé fantaisiste : le contrôle du Groenland, un territoire autonome relevant de la souveraineté danoise.
Le 4 janvier, à bord d’Air Force One, Donald Trump a affirmé que les États-Unis avaient « besoin du Groenland » pour leur sécurité nationale, estimant que le Danemark n’était pas en mesure de défendre l’île seul. Son entourage a également renforcé cette déclaration, Stephen Miller, un conseiller influent de la Maison-Blanche, affirmant que « personne ne se battra militairement contre les États-Unis pour le Groenland ». Cependant, qu’en pensent réellement les Américains ?
Une opinion publique largement hostile
Cette offensive politique est confrontée à une réalité persistante : les Américains n’en veulent pas. Un sondage Reuters-Ipsos cité par CNN cette semaine révèle que seuls 26 % des Américains soutiennent une politique visant à dominer l’hémisphère occidental. Parmi les républicains, le soutien ne dépasse pas 43 %.
Concernant spécifiquement le Groenland, le rejet est encore plus affirmé. Déjà en mars 2025, un sondage YouGov pour The Economist montrait que 69 % des Américains s’opposaient à une prise de contrôle par la force, avec seulement 11 % en faveur. Même parmi les républicains, 57 % désapprouvaient cette option.
Inflation et coût de la vie
Cette opposition n’a pas faibli, puisque une enquête YouGov, réalisée fin août 2025, confirmait que 72 % des Américains s’opposaient à l’utilisation de la force, tandis que seulement 7 % y étaient favorables.
Cette méfiance s’explique aussi par un climat national défavorable à l’expansionnisme. Les sondages relayés par CNN montrent que les Américains sont davantage préoccupés par l’inflation et le coût de la vie, devenant de plus en plus réticents à des engagements militaires à l’étranger. Un sondage de CBS News de l’automne 2025 révélait que 75 % des Américains pensaient que l’administration Trump ne se concentrait pas assez sur la réduction des prix. Dans ce contexte, l’idée d’un face-à-face avec un allié de l’OTAN dans l’Arctique semble être perçue, par beaucoup, comme une préoccupation mal placée.
Ni achat, ni ingérence, ni intervention armée
Le refus exprimé par les Américains ne se limite pas à l’approche militaire. Selon l’enquête d’août dernier, environ 45 % des Américains s’opposent à l’achat du Groenland, contre 24 % qui y sont favorables ; par ailleurs, environ 61 % jugent inacceptables des opérations clandestines pour influencer la politique groenlandaise, seuls 13 % les considérant acceptables.
En d’autres termes, aucune des options envisagées par Donald Trump (achat, pressions secrètes ou recours à la force) ne bénéficie d’un soutien majoritaire.
Les chefs républicains du Congrès disent non
Depuis le début de janvier, la contestation des ambitions groenlandaises de Donald Trump a atteint un nouveau sommet au sein du Parti républicain. Le 7 janvier, NBC News rapportait que les deux principaux dirigeants républicains du Congrès avaient publiquement désavoué l’idée d’un recours à la force contre le Groenland.
Le président de la Chambre des représentants, Mike Johnson, a jugé « inapproprié » l’usage de la force militaire, affirmant ne pas croire que « quiconque considère sérieusement cette option ». Au Sénat, le chef de la majorité républicaine, John Thune, a exprimé un avis similaire, déclarant qu’il ne voyait pas « l’action militaire comme une option » dans le dossier groenlandais.
Une Maison-Blanche qui refuse de fermer la porte
Ces déclarations tranchent avec la ligne actuelle de l’exécutif. La porte-parole de la Maison-Blanche, Karoline Leavitt, a rappelé que l’acquisition du Groenland restait une « priorité de sécurité nationale » pour le président, et que le recours à l’armée demeurait « toujours une option à la disposition du commandant en chef ».
Le sénateur démocrate Tim Kaine a annoncé son intention de soumettre au vote une résolution visant à interdire toute action militaire unilatérale contre le Groenland ou le Danemark. La situation reste donc à suivre.

