Rave party à Redon : « Votre responsabilité est engagée », estime un collectif face aux autorités

La polémique ne dégonfle pas. Depuis l’évacuation de la rave party de Redon par les gendarmes samedi, les réactions sont nombreuses et les questions demeurent. Dans quelles conditions un fêtard de 22 ans a-t-il perdu sa main ? D’après les images réalisées sur place, l’homme aurait ramassé une grenade lacrymogène à terre lors de la nuit d’affrontements survenue le vendredi soir. Le préfet d’Ille-et-Vilaine Emmanuel Berthier a évoqué « des heurts d’une extrême violence qui ont duré sept heures ». Une enquête a été ouverte pour faire la lumière sur cette grave blessure.

Depuis dimanche, c’est davantage la destruction du matériel de sonorisation par les gendarmes mobiles qui interroge. Sur des images filmées par des fêtards, on voit les forces de l’ordre saccager des platines, des enceintes, des amplis à coups de masse et de hache. Qui a donné cet ordre ? Pas le préfet ni le procureur, si l’on en croit leurs déclarations.

Dans une lettre ouverte au préfet et au ministre de l’Intérieur publiée mardi, l’Observatoire rennais des libertés publiques (ORLIB) n’hésite pas à critiquer les autorités quant à la gestion du teknival, qui avait été interdit par arrêté préfectoral. « Votre responsabilité est engagée, notamment en facilitant toutes les démarches qui permettront de reconstituer la chaîne de commandement ayant abouti à un tel désastre, et en apportant toute la transparence sur l’enquête diligentée », estime l’ORLIB.

Environ 2.500 personnes rassemblées

Ce collectif récemment créé regroupe des syndicats comme FSU, Solidaires mais aussi la Ligue des droits de l’homme, Attac et le syndicat des avocats de France. Il est particulièrement engagé sur la question des violences policières. « Pourquoi avoir déployé une telle violence ? », s’interroge le collectif. Les organisateurs estiment que le préjudice matériel se chiffrerait « entre 100.000 et 200.000 euros » selon les informations recueillies par 20 Minutes

Vendredi, environ 2.500 personnes s’étaient réunies sur l’hippodrome de Redon pour une free party organisée en hommage à Steve Maia Caniço, deux ans après sa mort lors de la Fête de la musique à Nantes. Lors de l’intervention des gendarmes, plusieurs fêtards et membres des forces de l’ordre ont été blessés. Quatre personnes font l’objet de poursuites judiciaires.