RATP : Vers un retour à la normale au printemps dans les métros, bus et RER

Les Franciliens vont-ils enfin arrêter de râler, à juste titre, contre les rames bondées et des transports en retard ? Car si la situation s’est améliorée depuis le début du mois de janvier, « le réseau RATP est toujours en grande souffrance », regrette Valérie Pécresse, la présidente d’Ile-de-France Mobilité (IDFM). Ce vendredi, la régie des transports parisiens a cependant présenté un plan de sortie de crise visant à un retour progressif à un niveau de service normal pour avril prochain, après plusieurs mois de galère pour les usagers.

« La fréquentation dans les transports en commun est désormais de l’ordre de 90 % de ce qu’elle était en 2019 », a indiqué la patronne de l’autorité chargée d’organiser les transports en Ile-de-France. Or en fin d’année dernière, « un quart de l’offre de bus n’était pas réalisé et entre 10 et 20 % de l’offre de métro », a relevé la présidente d’IDFM. Elle avait convoqué un conseil d’administration extraordinaire réunissant tous les acteurs franciliens du transport pour qu’ils présentent leur feuille de route.

Des causes identifiées à la RATP

Depuis janvier, 17 % des bus RATP ne roulent pas à Paris et en petite couronne et dans le métro, trois lignes sur quatorze sont toujours en difficulté et cinq fragiles, selon le bilan dressé par IDFM. « Je veux dire aux millions d’usagers mes regrets, mes excuses de cette situation et surtout, ma profonde volonté d’améliorer les choses », a d’emblée reconnu Jean Castex. Depuis son arrivée à la tête de la RATP en novembre, il n’a eu de cesse de reconnaître les difficultés nombreuses auxquelles est confronté l’opérateur.

Difficultés de recrutement, hausse de l’absentéisme, explosion du nombre de démissions – un peu plus de 1.000 en 2022 contre environ 400 avant le Covid. Les causes de la dégradation du service sont désormais connues. A cela s’ajoutent des problèmes liés à la maintenance, assure Jean Castex, où « nous avons du mal à recruter et où de surcroît, il y a un mouvement social latent », débouchant sur un nombre de métros disponibles insuffisant. Dernier point soulevé par le patron de la RATP : le nombre de colis abandonnés. Il a été multiplié par quatre entre l’avant-Covid et aujourd’hui, ce qui « pèse fortement sur le service », affirme-t-il.

De gros soucis sur les lignes de RER également

Pour parvenir à l’objectif d’un retour à la normale en avril, la RATP mise sur une campagne de recrutement massive. « Nous comptons recruter 4.500 personnes dont 2.500 conducteurs de bus et 400 conducteurs de métro, presque le double qu’en 2022 », a annoncé l’ex-Premier ministre. Jean Castex doit aussi remplir un objectif de taille : être au rendez-vous des Jeux olympiques 2024, « ce qui s’anticipe ».

La SNCF était elle aussi sommée de s’expliquer alors que les situations sur le RER B (partiellement exploitée par la SNCF) et D exaspèrent les usagers. « Nous n’y sommes pas », a reconnu le PDG de SNCF Voyageurs, Christophe Fanichet. Malgré tout, « nous sommes en moyenne à 91 % en matière de ponctualité » sur l’ensemble du réseau, a-t-il tempéré, insistant sur la nécessité de régénérer le réseau pour améliorer le service. Un réseau, le plus fréquenté d’Europe, où « 30 % des postes d’aiguillage ont été construits avant 1950 », a rappelé Mathieu Chabanel, PDG de SNCF Réseau.

Les bus en grande couronne, seul motif de satisfaction

L’année 2023 s’annonce donc comme une année de galère pour nombre d’usagers franciliens qui seront soumis à des interruptions de lignes pour effectuer des travaux. « C’est un mal nécessaire mais (cela) ne peut pas se faire n’importe comment. Je souhaite qu’on étudie la possibilité de bus de substitution express », a déclaré Valérie Pécresse.

Seul motif de satisfaction dans l’immédiat, l’amélioration notable du réseau de bus en grande couronne, où « il y a eu un très fort redressement ». L’ensemble de ces réseaux affichait moins de 5 % de service non réalisé en janvier.