RATP : La grève semble inévitable ce vendredi en raison d’un « désaccord » sur les salaires

Une grève difficilement évitable ce vendredi sur le réseau  RATP. Ce lundi, la régie a fait état d’un « désaccord » persistant avec les syndicats sur la question des salaires à quatre jours d’une grève unitaire. Direction et syndicats « ont convenu d’un constat de désaccord alors que doit se tenir cette semaine un deuxième cycle d’audiences sur les NAO [négociations annuelles obligatoires] ainsi que la séance de négociation en multilatérale » vendredi, a affirmé la RATP dans un communiqué.

Ce texte a été diffusé après une rencontre entre la direction et les quatre syndicats représentatifs (CGT, FO, Unsa et CFE-CGC). Ces derniers, avec la quasi-totalité des autres organisations syndicales de la régie, ont lancé pour vendredi un appel à la grève afin de demander une revalorisation salariale substantielle.

La RATP anticipe la grève et s’excuse

Selon ces syndicats, la direction générale de l’entreprise publique a proposé pour l’année en cours une augmentation de 0,4 % « à saupoudrer en diverses mesures sociales ». Mais la direction a contesté ce chiffre, évoquant pour 2022 « une augmentation de 2,7 % des rémunérations en moyenne » après 2,1 % en 2021, et une indemnité de « maintien de pouvoir d’achat » visant à compenser l’inflation.

Cette hausse est un mix entre l’avancement et l’ancienneté (+1,8 %), des mesures catégorielles (+0,5 %) et les mesures transverses qui concernent l’ensemble des salariés de la RATP (+0,4 %). C’est sur ce dernier chiffre que s’appuient les organisations syndicales pour contester la proposition de la direction. Cette dernière a en outre fait miroiter un intéressement qui « pourrait être supérieur à celui des années précédentes ». « Ces dernières années, l’intéressement a été d’environ 1.000 euros net annuels », a-t-elle précisé. D’après la direction, « ce sont donc plus de 100 millions d’euros qui seront redistribués aux salariés en 2022 » au total. De son côté, la CGT, premier syndicat du groupe, demande 3 % de revalorisation annuelle sur les trois prochaines années.

Sans attendre mercredi soir, quand elle donnera une évaluation des conséquences de la grève sur le trafic, la RATP a invité lundi « tous les voyageurs qui en ont la possibilité à différer leur déplacement sur le réseau » vendredi et a aussi « présenté ses excuses pour les conditions de transports à prévoir ».