Rapprochement Suez-Veolia : Bruno Le Maire appelle les deux groupes « à reprendre leurs discussions »

Bruno Le Maire a détaillé le plan de relance du gouvernement le 3 septembre 2020. — Ludovic Marin / POOL / AFP

Veolia et Suez vont-ils trouver un terrain d’entente ? Dimanche, Bruno Le Maire, le ministre l’Economie, a appelé solennellement les deux groupes « à reprendre leurs discussions dans les prochaines heures afin de parvenir à un accord amiable » préservant les intérêts de chacun.

D’intenses discussions ont eu lieu ce week-end entre les deux groupes, qui se sont livrés à une nouvelle passe d’armes dimanche par communiqués interposés. « Ces progrès montrent qu’un accord est possible entre Veolia et Suez sur la cession de l’actif d’Engie dans Suez dans les prochaines heures », a estimé Bruno Le Maire.

« Préserver les intérêts des salariés »

Veolia a offert 3,4 milliards d’euros pour racheter 29,9 % du capital de Suez à Engie. Le groupe d’énergie, dont l’Etat est actionnaire à hauteur de 23,6 %, doit se prononcer au plus tard lundi. Pour tenter de le convaincre, Veolia a relevé mercredi son offre et s’est engagé dimanche à ne pas lancer d’OPA hostile sur Suez une fois qu’il aura acquis les titres d’Engie, ainsi qu’à des cessions d’actifs supplémentaires. « La position de l’Etat est constante : nous souhaitons que Veolia et Suez trouvent un terrain d’entente et définissent un accord amiable qui est le seul à même de préserver les intérêts des salariés et les intérêts industriels de la nation », a rappelé Bruno Le Maire.

L’Etat dispose de trois sièges au conseil d’administration d’Engie et peut donc influer sur la décision, mais ne peut exercer de veto. Lettre ouverte d’Arnaud Montebourg alertant sur un « dépeçage » de Suez, communiqué de l’intersyndicale de Suez appelant à combattre « jusqu’au retrait » l’offre de Veolia, initiative de députés LREM invitant Bruno Le Maire « à donner du temps au temps » : la pression monte sur l’Etat pour qu’il temporise face à un rapprochement qui fait craindre des suppressions d’emploi et une hausse des prix de l’eau et des déchets résultant d’un affaiblissement de la concurrence.

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