Rachida Dati ne réorganise pas le Louvre.
Rachida Dati a acté l’abandon d’une mission de réorganisation du Louvre, qui n’avait finalement jamais commencé ses travaux. Alexandre Portier a confirmé que cette mission avait été abandonnée car « la réflexion sur la réorganisation du Louvre a avancé indépendamment de cette mission ».
À quelques jours de son départ du gouvernement pour se lancer dans la course aux élections municipales à Paris, Rachida Dati a officialisé l’abandon d’une mission de réorganisation du Louvre, annoncée fin décembre. Lors d’une audition à huis clos devant la commission d’enquête parlementaire sur la sécurité des musées, la ministre de la Culture a confirmé que cette mission, attribuée à Philippe Jost, n’avait finalement jamais commencé ses travaux, selon des députés informés lundi.
Cette audition, organisée à l’Assemblée nationale sans la présence du public, a été décidée par le président de la commission, Alexandre Portier, pour « préserver la sérénité des débats ». Cette décision a suscité des critiques parmi certains parlementaires. Selon les informations recueillies, la mission confiée à Philippe Jost, responsable de la restauration de Notre-Dame, devait proposer des recommandations sur une réorganisation « en profondeur » du musée, affaibli par le cambriolage du 19 octobre et plusieurs dysfonctionnements.
Un plan autour de 17 mesures
Alexandre Portier a confirmé l’abandon de cette mission, précisant que « la réflexion sur la réorganisation du Louvre a avancé indépendamment de cette mission », évoquant une « réorganisation en cours » de la gouvernance du musée sans détailler les modalités. Le rapporteur Alexis Corbière a également mentionné qu’« il n’y a plus de Philippe Jost », ajoutant que la ministre avait lié cette décision au mouvement social des personnels initié mi-décembre, tout en estimant qu’« on ne voit pas trop le lien entre les deux ».
Malgré cet abandon, la ministre a affirmé que « 17 mesures » étaient en cours pour réformer le Louvre, le musée le plus fréquenté au monde. Le contenu de ces mesures n’a cependant pas été précisé et son entourage n’a pas répondu aux demandes de clarification. Ces annonces interviennent alors que l’établissement fait face à de nombreuses difficultés, y compris la fermeture d’une galerie pour insalubrité et une enquête sur un réseau de fraude à la billetterie.
Un « État dans l’État »
Lors de son audition, Rachida Dati a reconnu la nécessité d’un « renforcement des moyens de contrôle de la tutelle » sur le musée. Alexandre Portier avait déjà noté que le Louvre était devenu un « État dans l’État », une expression reprise lors des débats parlementaires. Alexis Corbière a précisé que la ministre « a questionné elle-même la tutelle de cet établissement avec l’idée qu’il pourrait y avoir trop d’autonomie », ajoutant qu’« on a le sentiment qu’il va y avoir des changements mais elle n’est pas allée plus loin ».
La présidente du Louvre, Laurence des Cars, doit être entendue mercredi par la commission d’enquête, cette fois sans huis clos envisagé « pour l’heure », selon Alexandre Portier, qui considère la situation « différente » de celle de la ministre. Constituée après le cambriolage et déjà forte de plus de 70 auditions, la commission doit rendre ses conclusions en mai. Après les faits, Rachida Dati avait refusé la démission de la présidente du musée tout en ordonnant une enquête administrative, laquelle avait révélé d’importants manquements en matière de sécurité et abouti à des mesures d’urgence.

