« Qui veut être mon associé ? » : Frédéric Douin se donne deux ans pour réaliser son projet malgré la maladie

Connu pour avoir fait sensation l’année dernière dans l’émission « Qui veut être mon associé ? », Frédéric Douin a fait une nouvelle apparition dans l’émission de M6 ce mois-ci. L’ex-candidat, à la fois libraire et éditeur, tient à « faire découvrir des ouvrages anciens qui méritent mieux que l’oubli ». En mai dernier, c’est moins sa passion que son histoire personnelle, celle d’un homme qui se reconstruit après avoir vaincu une tumeur du cerveau, qui a ému l’investisseur Éric Larchevêque. Ce dernier avait promis d’investir 180.000 euros dans son business pour l’aider à repartir de zéro, contre 45 % des parts de l’entreprise. Un an plus tard, Frédéric Douin ouvre les portes de son nouvel atelier à 20 Minutes.

Le menton enfouit dans sa parka mais les yeux brillants, le libraire présente son nouveau local de 500 mètres carrés, déniché dans la ferme de Fromenteau, à Pecqueuse (Essonne). Il n’y a pas encore de chauffage, et l’aménagement des étagères n’est pas terminé, mais les ouvrages, eux, sont bien là. Des centaines de cartons de livres jonchent le sol du bâtiment. Parti de rien, il affirme fièrement que son stock compte désormais entre 20.000 et 25.000 ouvrages. « A terme, le local devrait pouvoir en contenir environ 60.000 », estime-t-il.

Une partie du stock d'ouvrages du libraire-éditeur n'a pas encore été déballée ni organisée en rayon.
Une partie du stock d’ouvrages du libraire-éditeur n’a pas encore été déballée ni organisée en rayon. – ©Mathilde Desgranges / 20 Minutes

En faire le plus possible, le plus vite possible

Le libraire-éditeur trépigne d’impatience d’agrandir son business, mais la maladie le retient d’avancer. « Quelques mois après l’émission, j’ai développé un nouveau cancer », explique-t-il. Une perspective d’autant plus frustrante qu’il ne ressent aucun symptôme et se sent en pleine forme. « Seulement les IRM n’indiquent pas la même chose et j’ai dû reprendre la chimio », confie-t-il. Lorsqu’il a alors suggéré à son investisseur de retirer sa proposition, ce dernier lui aurait simplement rétorqué : « Tes vieux livres, cela fait dix ans qu’ils sont dans des cartons. Un an de plus ou de moins cela ne changera pas grand-chose. On continue ce qui était prévu. »

Frédéric Douin a finalement obtenu qu’il n’investisse que la moitié de la somme prévue, soit 90.000 euros, contre 22 % des parts de l’entreprise. « Avec tout ce qu’il m’arrive, je ne me sentais pas à l’aise d’accepter autant d’argent, confie-t-il. Je ne voulais pas claquer tout cela pour que le projet finisse par tomber à l’eau. » Résigné, l’homme a pris la décision de ne pas aller au bout de sa chimiothérapie. A maintes reprises, il répète qu’il doit avancer au plus vite, parce qu’il a beaucoup à faire et peu de temps devant lui. « J’espère tenir deux ans, soupire-t-il. Je sais que je n’en guérirai pas. »

Son grand projet pour l’Ukraine

Même si le temps lui est si précieux, ce passionné pourrait vous parler des heures durant de chaque livre de sa collection. L’un d’entre eux, en particulier, lui tient à cœur : le Pax Mundi, un ouvrage publié pour promouvoir la paix à l’aube de la Seconde Guerre mondiale. Une centaine de personnalités de l’époque ont signé l’ouvrage, et non des moindres. Parmi eux se trouvent Conan-Doyle, Albert Einstein, Aristide Briand, Louis Lumière ou encore Paul Valéry.

Inspiré par l’ouvrage, Frédéric Douin prépare un projet ambitieux. En plein conflit entre l’Ukraine et la Russie, il souhaiterait rééditer le Pax Mundi en une édition limitée à 100 exemplaires, dont chaque livre serait enrichi par la vision d’une personnalité contemporaine sur la paix. Ces exemplaires seraient ensuite vendus aux enchères, pour reverser les bénéfices à la Croix Rouge. Il ne lui reste désormais plus qu’à trouver des personnalités prêtes à participer. Le temps presse.