Quels sont les mythes et réalités autour du stérilet pour les jeunes femmes ?

Risque de grossesses extra-utérines, atteinte à la fertilité, augmentation du nombre d’infections sexuellement transmissibles… Peut-être vous a-t-on déjà détaillé ces arguments lors d’une conversation à propos du stérilet. Des idées dissuasives, toutes à nuancer, mais qui produisent leurs effets. En France, la pilule et le préservatif restent les méthodes contraceptives les plus utilisées.

Au premier rang de ceux qui s’en détournent, les jeunes. Selon le Baromètre Santé établi par Santé Publique France en 2016, le DIU ne concerne que 4,6 % des femmes entre 20 et 24 ans. Quant aux 15-20 ans, c’est la pilule qui domine chez eux. Pourtant, depuis 2005, l’Organisation mondiale de la santé (OMS) n’indique aucune contre-indication à poser un DIU pour les nullipares, les femmes sans enfants.

Des médecins réticents

Dans ce podcast de Minute Papillon ! nous faisons le point sur les écueils autour du stérilet pour les nullipares. Vous entendrez l’avis de la gynécologue Marie-Claude Benattar. Sans s’opposer à poser un stérilet à des jeunes femmes, elle alerte sur « l’épreuve » que peut représenter la pose pour elles.

En cause, la pose qui peut être mal vécue pour « une jeune fille qui ne connaît pas son corps ». Mais selon elle, la douleur peut être aussi plus importante à cause du col de l’utérus qui n’est pas aussi dilaté que celui d’une femme ayant déjà accouché.

En octobre 2013, une enquête auprès de médecins sur le DIU révèle que 83 % d’entre eux pensent le stérilet inadapté aux nullipares. Encore aujourd’hui, de nombreuses femmes se voient refuser par des gynécologues une pose.

Rassurer, expliquer, montrer

Dans ce podcast, vous entendrez aussi Marie Benque, médecin généraliste à Paris. Elle rappelle que certains risques avec le stérilet existent mais que le dépistage des IST avant la pose et le contrôle du cycle permet de surveiller un possible dysfonctionnement. Cependant, elle nuance la douleur pendant la pose.

« Le commentaire le plus fréquent que j’ai après la pose d’un stérilet c’est que ça ne fait pas aussi mal qu’on le croit », rapporte-t-elle. Elle rappelle : « Quel que soit le profil de la femme ce sont des examens particuliers (…) ça reste un examen pour lequel il faut prendre le temps de bien expliquer, de mettre en confiance et de demander l’autorisation ».

Selon elle, il persiste un biais générationnel qui explique que certains médecins s’opposent encore à poser un stérilet aux nullipares. « Ils restent sur leurs angoisses par rapport aux risques de grossesses extra-utérines, ou aux risques de salpingite. Ils ne veulent pas faire courir ce risque à leur patiente », suggère-t-elle. Une réflexion de leur part qu’elle juge « paternaliste ».

Pour vous renseigner sur les différentes contraceptions, il existe le site gouvernemental Question Sexualité. Si vous cherchez enfin à consulter pour une pose de stérilet, il existe le site GynadnCo. Dessus vous trouverez un annuaire de gynécologues conseillées par des patientes avec leur retour d’expérience. Subjectif, mais pratique.

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