Que sait-on du « Conseil de paix » de Donald Trump, ONU version Maga ?
Un Conseil de paix présidé par Donald Trump sera formé pour œuvrer à la résolution des conflits dans le monde, en concurrence avec l’ONU. La Maison-Blanche n’a pas publié la liste des pays invités, mais a confirmé que des pays comme la France, l’Allemagne et le Canada ont reçu une invitation.

La soif de grandeur de Donald Trump semble sans limite. La Maison-Blanche a annoncé qu’un Conseil de paix présidé par Donald Trump serait constitué dans le cadre d’un plan soutenu par Washington pour mettre un terme à la guerre à Gaza. Le président des États-Unis projette de créer un « Conseil de paix » sous son autorité pour travailler à la résolution des conflits mondiaux, en concurrence avec l’ONU. Avec un coût d’entrée d’un milliard de dollars pour obtenir un siège permanent, quelle serait exactement la nature de cette organisation ? 20 Minutes vous explique tout.
Quelle est sa mission ?
Le projet de charte révèle une initiative dont le mandat est bien plus vaste que la seule problématique de Gaza, le présentant comme un substitut des Nations unies. « Le Conseil de paix est une organisation internationale ayant pour but de promouvoir la stabilité, de rétablir une gouvernance fiable et légitime, et de garantir une paix durable dans les régions touchées ou menacées par des conflits », affirme le préambule de ce document adressé aux États invités à y prendre part.
Le texte de huit pages critique dès le début les « approches et institutions qui ont trop souvent échoué », faisant une référence évidente à l’ONU, et appelle à avoir « le courage » de s’en « écarter ». Il insiste sur « la nécessité d’une organisation de paix internationale plus agile et efficace ».
Quel est son fonctionnement ?
Chaque État membre aura un mandat d’une durée maximale de trois ans à compter de l’entrée en vigueur de cette charte, renouvelable à la discrétion du président. Toutefois, ce mandat de trois ans ne concerne pas les pays versant plus d’un milliard de dollars dans le Conseil de paix durant la première année suivant l’entrée en vigueur de la Charte.
Quel est le pouvoir de Donald Trump ?
Donald Trump sera le « premier président du Conseil de paix ». Ses pouvoirs sont très importants. Il est le seul à pouvoir inviter d’autres chefs d’État et de gouvernement à rejoindre le Conseil et peut révoquer leur participation, sauf en cas de veto émis par une majorité des deux tiers des États membres. Son mandat s’apparente à une forme de présidence à vie. Il peut désigner un successeur à tout moment et ne peut être remplacé qu’en cas de « démission volontaire » ou d’« incapacité » constatée à l’unanimité du conseil exécutif de l’organisation, formé selon sa propre discrétion.
Bien que les décisions soient prises à la majorité des États membres, qui ont chacun une voix, elles doivent également être approuvées par le président, ce qui accorde de facto un droit de veto à Donald Trump, qui a aussi la main sur l’ordre du jour. Ainsi, il bénéficiera de tous les pouvoirs.
Quels pays ont été invités à le rejoindre ?
La Maison-Blanche n’a pas rendu publique la liste des pays invités. Depuis le week-end dernier, plusieurs pays ont commencé à annoncer qu’ils avaient reçu une invitation pour y prendre part, dont la France, l’Allemagne et le Canada. Au-delà des alliés traditionnels des États-Unis, le Kremlin a également déclaré que le président russe Vladimir Poutine avait été invité à « se joindre à la composition du Conseil de paix ». D’autres pays ayant communiqué sur l’invitation de leur dirigeant incluent l’Italie, la Hongrie, l’Albanie, l’Argentine, le Brésil, le Paraguay, l’Égypte, la Jordanie, la Turquie et l’Inde.
Qui pourrait accepter cette invitation ?
Moscou a exprimé son désir de « clarifier toutes les nuances » de cette proposition avec Washington avant de se prononcer. Le gouvernement allemand a aussi indiqué qu’il était nécessaire de se « coordonner » avec ses partenaires. Ursula von der Leyen, présidente de la Commission européenne, a également été invitée et réserve sa réponse, selon un porte-parole à Bruxelles.
La France « n’entend pas donner (de) suite favorable » à ce stade à l’invitation reçue pour rejoindre le « Conseil de paix » proposé par Donald Trump, qui « soulève des questions majeures », a précisé l’entourage d’Emmanuel Macron à l’AFP. Il a été relevé que la « charte » de cette initiative « dépasse le seul cadre de Gaza », contrairement aux attentes initiales. Cela pose « des questions majeures, en particulier concernant le respect des principes et de la structure des Nations unies, qui ne sauraient en aucun cas être remis en cause. »
Pour sa part, le Canada a indiqué qu’il « ne paiera pas pour un siège » au « Conseil de la paix » de Donald Trump, a dévoilé lundi une source au sein de son gouvernement, tout en réaffirmant l’« intention » du Premier ministre canadien Mark Carney « d’accepter l’invitation ». Selon la « charte » du « Conseil de paix », celle-ci doit « entrer en vigueur » lorsque seulement « trois États » l’auront signée, il reste donc deux États à convaincre.

