France

Quatre personnes arrêtées en France pour espionnage au profit de la Chine.

Quatre personnes, dont deux ressortissants chinois, ont été interpellées samedi en Gironde, suspectées d’avoir voulu transmettre à Pékin des données militaires. L’information judiciaire, ouverte mercredi, porte notamment sur la « livraison d’informations à une puissance étrangère, une entreprise ou une organisation étrangère ou sous contrôle étranger ou avec leurs agents, de nature à porter atteinte aux intérêts fondamentaux de la Nation ».


Quatre personnes, dont deux citoyens chinois, ont été arrêtées samedi en Gironde, soupçonnées d’avoir tenté de transmettre des données militaires à Pékin.

Après quatre jours de garde à vue, ces individus doivent être présentés mercredi à un juge d’instruction en vue d’une éventuelle mise en examen, selon une déclaration du parquet de Paris, qui a confirmé une information du Parisien. Le parquet demande la détention provisoire pour deux d’entre eux. D’après le ministère public, la présence de ces deux ressortissants chinois en France avait pour but d’ « effectuer une mission de captation de données satellitaires du réseau Starlink et des données provenant d’entités d’importance vitale, notamment militaires, afin de les retransmettre à leur pays d’origine, la Chine ».

L’enquête, dirigée par la section de lutte contre la cybercriminalité du parquet de Paris, a été confiée à la DGSI (direction générale de la sécurité intérieure).

L’information judiciaire, ouverte mercredi, vise notamment la « livraison d’informations à une puissance étrangère, une entreprise ou une organisation étrangère ou sous contrôle étranger ou avec leurs agents, de nature à porter atteinte aux intérêts fondamentaux de la Nation ». Cette infraction peut entraîner jusqu’à 15 ans de réclusion.

À l’origine de l’enquête, des voisins ayant remarqué le déploiement d’une parabole d’environ 2 mètres de diamètre, associé à une déconnexion internet. Lors d’une perquisition le lendemain, les enquêteurs ont découvert « un système d’ordinateurs reliés à des antennes paraboliques permettant la captation de données satellitaires », qui a été saisie pour exploitation.

Les deux Chinois ont été placés en garde à vue. Dans leur demande de visa, ils avaient déclaré travailler comme ingénieurs pour une entreprise spécialisée dans la recherche et le développement d’équipements et de systèmes de communication sans fil, proposant des produits destinés à divers secteurs, y compris l’éducation.

Deux autres individus ont été arrêtés lorsqu’ils se sont rendus au domicile des suspects, soupçonnés d’avoir importé illégalement le matériel. Selon le parquet, « une antenne Starlink usagée et un boîtier permettant d’afficher la réception satellitaire » ont été découverts dans leur commerce, en précisant que d’après leurs déclarations, les deux Chinois « cherchaient à comprendre la technologie Starlink ».

À mi-décembre, un enseignant-chercheur de l’institut d’ingénierie et de mécanique de Bordeaux avait été mis en examen, soupçonné d’ingérence au profit de la Chine après avoir permis l’entrée d’une délégation chinoise dans des zones sensibles interdites.

Ce professeur, placé sous contrôle judiciaire, est notamment poursuivi pour « livraison d’informations à une puissance étrangère », « intelligence avec une puissance étrangère » et « complicité d’intrusion dans un local ou terrain clos intéressant la défense nationale ».