Quais du Polar : Le « cosy crime », la nouvelle tendance plus légère du polar

Le genre n’est pas vraiment nouveau. Pourtant, depuis quelques années, le « cosy crime » connaît un regain d’intérêt auprès du public et des maisons d’édition. En le remettant au goût du jour en 2016, Agata Raisin est devenue la « locomotive » du phénomène. Depuis, Helen Cox ou Lucy Folley ont suivi.

Présentant un versant plus léger du polar, le « cosy crime » ou « cosy murder », digne héritier d’Agatha Christie, se distingue avant tout par son humour so british. Une table ronde y sera consacrée ce week-end lors du festival  Quais du Polar qui se tient à  Lyon.

« C’est un genre de roman policier avec des codes bien définis », spécifie d’emblée Frédérique Polet, directrice éditoriale des éditions Presses de la Cité. Des codes différents de ceux du thriller. « On n’a pas d’hémoglobine. L’ambiance n’est pas noire, on a jamais de détails trop effrayants et on n’assiste pas au meurtre », développe-t-elle.

Enquête « de forturne » et personnages truculents

Le dénominateur commun : « l’enquête de fortune » et des personnages récurrents. Les investigations ne seront jamais menées par un policier mais plutôt par un protagoniste extérieur. « C’est quelqu’un qui est là par hasard, dans un contexte particulier, et qui découvre le meurtre. Et c’est à lui que l’on va demander d’enquêter, poursuit Frédérique Polet. En général, il est futé, rusé. » Et très loin de personnages de flics cabossés à l’âme tourmentée. Les héros ressemblent davantage à ce brave Hercule Poirot se retrouvant au cœur de toutes les intrigues, lors d’un voyage sur le Nil ou à bord de l’Orient-Express.

Miss Marple, qui a longtemps incarné le genre sous la plume d’Agatha Cristie, a aujourd’hui passé le flambeau à d’autres. Toutes aussi truculentes. A commencer par… La reine Elizabeth, héroïne de la série Sa Majesté mène l’enquête, écrite par S.J Bennett. Obligée de rester dans l’ombre, la souveraine va néanmoins s’appuyer sur son assistante. « Avoir un duo est quelque chose d’assez courant dans le genre », relève Frédérique Polet. Planter le décor dans un cadre bucolique, également.

« C’est toujours un endroit où l’on ne s’attend pas à avoir un meurtre. On est très loin des villes comme San Francisco ou Chicago, poursuit-elle. Il y a dans la lecture, ce côté feel good, détente, Cluedo, qui rappelle les lectures de jeunesse. » Et c’est sûrement ce qui plaît au public. « Pendant longtemps, il y a eu un engouement pour les thrillers comme La fille du train ou Les Apparences, et puis on est passé au genre domestique noir. Aujourd’hui, peut-être que les lecteurs ont besoin de quelque chose de plus léger, analyse Frédérique Polet. Car même s’il y a un meurtre, on passe un bon moment à la lecture. »