PSG-Real Madrid : D’Ancelotti à Pochettino, on a gardé le meilleur des entraîneurs parisiens sous QSI

PSG-Real, Ancelotti versus Pochettino. Le pitch ressemble à un mauvais film avec Matthew Mc Conaughey avant qu’il ne devienne un vrai acteur. Le beau gosse au sommet de sa hype, juste avant la quarantaine, qui s’interroge sur le sens de la vie et passe en revue ses ex passées et futures. « On a quand même vécu deux années folles avec Carlo ». « Lolo, ça c’était du solide ». Et ainsi de suite. En attendant de savoir si le PSG trouvera définitivement l’amour avec Zizou l’été prochain, on fait le tour des relations compliquées entre Paris et ses coachs à l’ère QSI, en ne gardant que les meilleurs moments.

Le charme de Carlo Ancelotti

C’est peut-être l’accent délicieux, ce sourcil en circonflexe inimitable, ou les traits d’humour toujours bien sentis. Dans l’armoire à souvenir, l’entraîneur italien reste sur l’étagère du haut, la seule dont on fait la poussière de temps en temps. Il y a la construction d’un grand club, évidemment, par ces petits détails du quotidien : un cuisinier dédié à l’équipe première au Camp des Loges, les balises GPS à l’entraînement, la butte ensablée très en vogue à l’époque pour des exercices physiques redoutés. Mais Ancelotti et Paris, cela reste surtout une formidable aventure humaine, avec un coach connecté à ses joueurs comme personne.

Une anecdote parmi d’autres : Ibra qui se pointe furieux dans le vestiaire après un classico : « Je n’ai jamais joué dans une équipe qui ne joue qu’en contre ». Carlo qui répond du tact au tac : « Et moi je n’ai jamais joué avec un avant-centre qui ne gardait pas un ballon ». Grand sourire du Suédois et un groupe conquis, qui n’hésite pas à inviter son coach pour un barbecue ou un apéro. La fin de l’histoire laisse un goût amer : le grand entraîneur est arrivé avant le grand club, et le PSG aurait gagné à réfléchir avant de le vexer pour une histoire d’ultimatum à la veille de Noël. « Le club a perdu confiance en moi et j’ai perdu confiance en lui », dira joliment Carletto. Un an après, il gagnait la C1 avec le Real. Cette même C1 que Paris attend toujours dix ans après.

Le beau jeu de Laurent Blanc

C’est ce qu’on appelle la nostalgie. Le genre de trucs qu’on ne supporte plus à l’instant T, mais dont on se souvient avec une larme au coin de l’œil quelques années plus tard. Pour les fans du PSG, ce « truc », c’est le mandat de Laurent Blanc (2013-2016). Nombre de supporteurs vantent aujourd’hui la manière dont le Président faisait jouer leur équipe chérie avec 11 titres à la clé (record pour un coach parisien). Par rapport à l’alignement aléatoire de stars régulièrement proposé par ses successeurs depuis l’été 2017, la tactique à Lolo, qui incluait la gestion de l’ego d’un Zlatan, ressemblait en effet souvent à un tableau de maître.

Enfin, jusqu’à un certain point… Le 3-5-2 jamais testé avant d’être inauguré lors d’un quart de finale retour de C1 à Manchester City, un soir d’avril 2016 – avec retour en grâce surprise de Serge Aurier après une sombre histoire de Periscope – a tourné au bide et a précipité la chute du coach à la touillette. L’ancien sélectionneur des Bleus ne s’en est pas vraiment relevé depuis, comme le prouvent les quatre ans et demi d’inactivité suivis d’un passage raté à Al-Rayyan, écourté dès dimanche par les dirigeants du club qatari. Mais le PSG n’a plus jamais ressemblé à un collectif aussi huilé depuis son départ.

La masterclass d’Unai Emery

Souvent, quand on fait le bilan du coach basque au PSG, on retient deux choses : le titre de champion de France perdu en 2017 face à un Monaco stratosphérique et l’élimination pitoyable face au Barça en huitième de finale. Mais, bons samaritains que nous sommes, nous avons préféré se remémorer le match de fou furieux face aux Blaugranas, au Parc des Princes (4-0), peut-être même le plus beau match d’un club français sur la scène européenne depuis belle lurette. Kimpembe qui met Messi dans sa poche arrière pour son premier match en C1, Rabiot qui taquine les chevilles des milieux de terrain catalans, Di Maria qui sort le grand jeu.

C’était un très très très grand Paris, capable de déployer une dimension physique derrière laquelle Tuchel puis Pochettino n’ont cessé de courir sans jamais trouver le déclic. « Emery est digne des plus grands, expliquait l’Algérien Sofiane Feghouli dans Le Parisien juste après la rencontre. Un récital tactique. Le mérite lui en revient ! C’est à étudier par tous les joueurs et les entraîneurs en devenir. » Quinze jours plus tard, tout était oublié, mais on aura vibré Unai. Merci pour tout.

Le gegenpressing de Thomas Tuchel

Des attaquants qui font les efforts défensifs, des milieux qui harcèlent tellement leurs adversaires que Marlène Schiappa se posait la question d’ouvrir un numéro vert, une intensité collective… C’était bien, c’était beau, ce contre-pressing à la perte du ballon made in Thomas Tuchel. « C’est la meilleure possibilité de récupérer le ballon très vite et nos joueurs aiment avoir le ballon et beaucoup de possession, expliquait celui qui entraîne désormais Chelsea. Si tu ne joues pas avec un pressing haut après la perte de la balle, ce n’est pas possible. Quand tu ne fais pas de pressing haut, ce n’est pas possible de jouer contre une équipe désorganisée. »

Dans les faits, on a surtout vu ce gegenpressing durant les six premiers mois de l’Allemand à Paris et puis lors du Final 8 à Lisbonne qui a mené le PSG en finale de la Ligue des champions. Le reste du temps, trop peu de cohésion collective, des exploits individuels pour sortir Paris de la panade, et des choix de joueurs assez peu compréhensibles (oui, comme Danilo en défense centrale et Marquinhos au milieu). L’Allemand est toutefois celui qui s’est approché le plus près du Graal suprême, avant lui aussi, de concrétiser l’année d’après dans un autre club.

La fibre PSG de Mauricio Pochettino

Les supporteurs du PSG se plaignent régulièrement que joueurs et entraîneurs n’aient pas la fibre PSG, le fameux « amour du maillot ». Pour Messi, Icardi, et compagnie, c’est veni, vidi, vici, et puis rien d’autre. Alors quoi de mieux qu’un ancien joueur du club, entre 2011 et 2003, qui devient l’entraîneur pour redonner ? On voyait déjà Maurice embrasser l’écusson, se tatouer la Tour Eiffel sur le pectoral et pleurer en entendant « Ô Ville Lumière » résonner au Parc.

« Ce club a toujours gardé une place particulière dans mon cœur, ne louvoyait pas l’Argentin au moment de l’officialisation de sa venue. J’en garde des souvenirs magnifiques, notamment de l’atmosphère unique du Parc des Princes. Nous ferons aussi le maximum pour donner à notre équipe cette identité de jeu combative et offensive qu’ont toujours aimée les supporteurs parisiens. » Bon, quelques mois plus tard, on cherche encore l’identité de jeu combative et offensive du PSG. Et aussi l’amour du club. Mais, ce qui compte, c’est l’intention, non ?