PSG-OM: «Il y a du feu en lui !» On s’enflamme, mais Maxime Lopez peut-il dépasser Marco Verratti?

On déconne avec les expected goals, qui n’auraient aucun sens, mais on a vraiment comparé les passes clés. — J.E.E. / SIPA + Montage J.S.-M.

  • Brillant au milieu de terrain depuis quatre matchs, le relayeur de l’OM Maxime Lopez affiche des statistiques impressionnantes, cette saison.
  • Le jeune homme de 21 ans peut un jour dépasser Marco Verratti, international italien et pilier du milieu de terrain du PSG, estime Marcel Dib.
  • D’autres observateurs, plus sceptiques, notent les progrès du Marseillais.

La foule du Trocadéro, une salle de presse blindée, un écran géant à la boutique officielle. Marco Verratti n’avait pas encore de poils au menton quand il a signé au PSG, mais il a eu droit à la totale pour sa présentation. Ce 18 juillet 2012, Paris découvrait le futur patron de son milieu de terrain. Et, accessoirement, un certain Zlatan I., auteur d’une conf’ 100 % boulard : « Je ne connais pas la Ligue 1. Mais la Ligue 1 me connaît. »

Quatre ans et demi plus tard, dans la moins bling bling salle de presse de la Commanderie, un suiveur historique de l’OM lançait un magistral : « Qu’est-ce que tu as fait de beau pour avoir le droit de parler ? » Tout timide, Maxime Lopez avait d’abord jeté un regard flippé à l’attaché de presse, avant de se lancer. Aussi facile devant les micros que sur la pelouse de Clermont, où il avait réussi un premier match (2-1). Comme Verratti, c’est à 19 ans que Lopez a découvert le foot pro français. Avec la magie de Coupe de la Ligue.

« La différence, c’est que Verratti, arrivé de D2 italienne, n’est jamais sorti du onze type. Lopez a une trajectoire de néo-pro plus classique, avec de longues périodes sur le banc », analyse Philippe Goguet, fondateur du site Culture PSG. Il venait de dégainer un « Lopez et Verratti, c’est pas le même monde » quand on lui a vendu notre idée d’article : est-ce que Lopez ne pourrait pas, et assez vite, doubler Verratti ?

« S’il continue comme ça, il peut dépasser Verratti »

Le relayeur marseillais, convoqué avec les Bleuets après quatre excellents matchs avec l’OM, régale dans un milieu débarrassé de ses cadres vieillissants : Rudi Garcia vient de passer en 4-4-2. Le système de jeu dans lequel Verratti excelle. « Max’ avait du mal, au début, à ce poste de récupérateur, juge Serge Obré, qui l’a formé au Burel. Il faisait des fautes bêtes : des petits coups dans le tibia, il poussait dans le dos. » Le minot est désormais moins sanctionné et, face à Nice, il est sur le podium des joueurs qui ont gratté le plus de ballons (derrière Sakai et Sarr).

Un coup d’œil à ses stats toutes compétitions confondues et c’est l’enflammade :

  • 1,7 passe clés par match (1,3 pour Verratti, avec un temps de jeu similaire)
  • Quatre passes décisives (deux pour l’Italien)
  • Un but (évidemment zéro pour Jean-Michel peur de tirer)
  • 90,9 % de passes réussies (90,7 % pour le Parisien).

On chipote avec les décimales ? Pas grave, Serge Obré est lancé : « Et dire que Verratti a devant lui Neymar, Mbappé et Cavani… Avec sa vista Lopez est en train de devenir un sacré joueur vu ses progrès à la récupération ! »

Meilleur ami du « padre », Jean-Yves Lopez, Serge Obré n’est sans doute pas la source la plus objective sur le jeune relayeur de l’OM. On s’éloigne un peu du XIIe arrondissement et on monte à la Table des légendes du Vélodrome, où s’accoude régulièrement Marcel Dib :

Face à Nice, il n’a pratiquement pas perdu un ballon. Techniquement il était au-dessus… et physiquement aussi. Avant, il faisait trop de passes latérales. Là, il joue vraiment en profondeur. S’il continue comme ça, je pense qu’il peut dépasser un jour Verratti. Verratti est un joueur incroyable, qui peut jouer dans n’importe quel club européen. Mais il se disperse, il ne se met pas assez la pression ! »

Aux deux tiers de cet article, c’est l’heure de la pause chicha. Evidemment, vous nous voyez venir avec nos gros sabots : il va falloir causer de l’hygiène de vie de Marco Verratti, réputé aussi fumeur que fêtard. « Si Marco est vraiment comme on le décrit, c’est sûr que c’est ça qui l’empêche de passer un cap, d’être dans le haut de la liste au Ballon d’or », peste Eric Rabésandratana, consultant pour France Bleu Paris. La sentence tombe : « Le problème, ce n’est pas son football. C’est lui ! »

Les sorties en boîte en pleine semaine, avant un match clé, « ça fait partie du clinquant ici à Paris », sourit Antoine Grasland, rédacteur pour Canal Supporters. « Mais c’est énervant, évidemment. Encore plus après la défaite à Manchester : ils ont intérêt à se faire petits ! » Précisons, évidemment, qu’il n’y a pas qu’à Paris que les footballeurs font les coqs en discothèque. Ce qui vaut sur les Champs vaut pour le Vieux-Port. Mais dans le clan Lopez, tenu au silence par le service communication de l’OM avant le Classico, on assure que Maxime ne mange pas de ce pain-là.

« Maxime n’aime que la PlayStation ! »

« Il n’a même pas le permis. Maxime n’aime pas ces trucs-là. Il n’aime que la PlayStation ! Et il s’occupe de sa petite (sic) fiancée, quand elle est à Marseille », souffle un proche, hilare. Plus porté sur le sportif, Serge Obré embraye sur la bonne forme physique du jeune Lopez : « Il a ses jambes de 20 ans (21, en fait). Mais il a plus que ça : il y a du feu en lui. » Effectivement. Le minot n’est quasiment jamais blessé, alors qu’une pubalgie a torturé Verratti pendant cinq ans. L’Italien, qui peut manquer jusqu’à 15 matchs par saison, vient de reprendre, après une blessure à la malléole.

Eric Rabésandratana nous a surpris, sur le coup, en évoquant le sujet. « La comparaison Lopez/Verratti est impossible sur le jeu : ce que fait Verratti est merveilleux. Mais s’il ne joue que 10 matchs par saison, est-ce que ça vaut toujours le coup ? Je me pose la question. Il est merveilleux mais trop absent ! » Philippe Goguet s’interroge, à son tour : « Lopez fera peut-être une carrière plus longue, sera peut-être un jour en Equipe de France… Mais le pic de Verratti est inatteignable. » Notre supporter parisien aime ce qui brille. Mais il s’impatiente, aussi : « Disons que le polissage du diamant tarde un peu. »

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