PSG-OL : « Cela dépend uniquement de nous », Paris doit-il vraiment s’inquiéter pour le titre ?

Paredes et Kimpembé circonspects lors de la défaite face à l’OL, le 13 décembre 2020 au Parc des Princes. — FRANCK FIFE / AFP

Au Parc des Princes,

Il n’a pas émis la moindre étincelle de doute, ni dans son propos, ni dans l’intonation de sa voix. Interrogé plus ou moins adroitement sur le resserrement en tête du championnat et les difficultés parisiennes inédites dans les joutes domestiques, Thomas Tuchel s’est drapé dans sa dignité : « le championnat ? Ça dépend de nous, uniquement de nous ». Essoré mentalement et physiquement par l’accumulation des matchs, le PSG est pourtant descendu à la 3e place du championnat, avec un OM à deux matchs en moins derrière, et il reste encore Lille à se coltiner le week-end prochain. La concurrence frétille d’une course à l’échalote pleine de suspense jusqu’en mai, et le suiveur aussi, pour plusieurs raisons.

Les chiffres peu flatteurs pour Paris

Tout occupés qu’on était à se souvenir de la dernière victoire lyonnaise en ces lieux où des transversales en tremblaient encore pour l’OL, mais guère plus, on avait presque oublié de faire le compte des échecs parisiens en L1. Déjà quatre revers, soit le pire bilan du champion de France à ce stade de la saison depuis 2009-2010, quand le binôme de devant devait ressembler à Hoarau et Giuly, si alzheimer ne nous fait pas déjà tout mélanger. En mettant de côté le revers lensois, davantage consommé sur les plages d’Ibiza que sur la pelouse de Bollaert, Paris a paumé contre trois adversaires directs, de manière de plus en plus inquiétante dans le temps.

  • Contre l’OM au Parc ? Un match de boxeurs à un tir cadré pour l’OM et des parades de chat angora de Mandanda.
  • Contre Monaco à Louis II ? Une extinction des feux à la mi-temps, alors que ça aurait dû faire 3-0 au bout d’une demi-heure si la VAR faisait correctement son boulot, ce qui ressemble à un vœu pieu.
  • Contre l’OL dimanche soir ? 45 minutes à se faire saucer au milieu comme rarement à la maison, et les 45 suivantes à tenter de cadrer au mois une fois sur Lopes, en vain.

Le jeu collectif est ce qu’il est au PSG quand on doit composer avec des egos gros comme des pastèques en attaque, mais le niveau des individualités suffisait jusqu’alors à éparpiller le manant en visite sans transpirer de la nuque. Une autre époque : Paris est resté muet deux fois à domicile depuis la reprise, soit autant que lors des trois dernières saisons cumulées. Dit autrement, on contemple pour l’instant le plus mauvais PSG de l’ère qatari et de loin.

Les sautes de concentration imprévues pour Tuchel

En dépit d’un ton combatif et conquérant en conf de presse, l’entraîneur allemand a surpris son monde en expliquant qu’il n’avait pas du tout vu venir la baisse de tension dans les circuits du haut.

« J’ai été surpris de voir l’équipe aussi fatiguée mentalement, incapable de jouer avec la moindre intensité. J’attendais un niveau très haut sur ce match, et j’ai vu un niveau très bas. C’est un grand pas en arrière, si j’avais eu conscience de ce coup de fatigue à l’entraînement la veille du match j’aurais fait plusieurs changements pour arriver sur le terrain avec une autre mentalité ».

Pas mal de choses là-dedans. D’abord que le PSG ressort cramé dans tous les sens du terme d’un marathon de six mois sans débrancher le cerveau, et que la dernière semaine complète d’entraînements sans match le mercredi ou sans les internationaux en goguette doit remonter à fin juillet, à l’aise. D’où l’effet montagnes russes assez logique. Sauf pour Tuchel qui pensait son équipe enfin lancée après avoir sauvé la patrie en Ligue des champions. On dirait plutôt que ses gars ont donné tout ce qu’ils avaient pour rallier les huitièmes et que la station Total la plus proche ne pointe pas encore à l’horizon, alors qu’il reste trois matchs à s’enfiler avant d’ouvrir les cadeaux.

Qu’elle soit mentale, physique, ou plus sûrement un peu des deux, cette usure est un compagnon de voyage encombrant pour le staff du PSG qui a du mal à l’apprivoiser sur le temps long :

« Je ne peux pas accepter la fatigue mentale, on a montré qu’on était forts sur les trois derniers matchs. Les clés étaient l’effort, la discipline dans la manière de défendre, les récupérations très hautes. A la fin, parler de fatigue ou de décompression, ce sont des excuses, ça n’existe pas après un match comme ça. C’est très dur d’accepter cette défaite pour moi. »

Il va pourtant falloir se faire à ces sautes d’implication, puisque le PSG va passer son temps à courir après une saison commencée trop tard pour ne pas abîmer les corps et les esprits. Dix jours de repos à Noël, et déjà une semaine à deux matchs de L1 au programme à la reprise. Ce n’est pas comme ça que Paris va se refaire la cerise

Une concurrence au taquet

Le PSG a déjà traversé des débuts de saison de L1 moyennasses, mais il a rarement été embêté en chemin par les autres cadors supposés du championnat, en dehors de l’ovni monégasque en 2017. Cette fois, c’est comme si tout le monde avait comploté en douce. « Et les gars, z’avez vu, ils sont archi-prenables cette année, faut y croire ».

Bien sûr, il y a encore du tri à faire et des précautions à prendre.

  • Rennes est un peu décroché, mais le talent et toujours là, y compris sur le banc de touche.
  • Monaco n’est pas toujours payé de ses entames face au gros, mais ses défaites à Marseille, Lyon ou Lille ressemblent à une cicatrice qui sautera aux yeux à l’arrivée.
  • L’OM ne montre pas toujours à grand-chose, mais la jauge de confiance remonte toute doucettement, et AVB a déjà prouvé qu’il savait être compétitif, à défaut d’être séduisant.
  • Lille est l’autre meilleure équipe de France depuis maintenant deux ans et demi. Galtier maîtrise son projet de A à Z, et il a dû regarder la victoire lyonnaise avec gourmandise à une semaine de recevoir le PSG.

Et puis il y a L’OL

Ici on va développer un peu, étant donné qu’on a vu les joueurs de Rudi Garcia s’ébrouer sous nos yeux ébahis. Pour résumer sur le fond : L’OL semblait vivoter de la qualité de ses talents individuels depuis l’ère Genesio, c’était même sa marque de fabrique que de trouver un accomplissement dans une forme de grand bazar plein d’enthousiasme ou de désespoir, c’est selon. Cette année, le groupe a une autre moelle. Un milieu dominateur, des circuits de jeu bien identifiés, un collectif tout entier concerné par les taches obscures, tant que l’esprit de revanche cimente le tout, selon Cornet :

« On a cette frustration de ne pas avoir été qualifié en C1 au vu de cet arrêt assez tôt du championnat, et on a à cœur de pouvoir chercher une qualif, et quelque chose de très beau aussi ». Ce quelque chose de très beau peut-il ressembler à une danse de la joie place des Terreaux fin mai ?

Garcia calme un peu les ardeurs : « Ce serait manquer d’humilité à un tiers du championnat de parler d’autre chose que du podium, même si on est beaucoup plus réguliers ». L’OL a une bonne tête de « contender » pourtant, avec une équipe construite pour durer, surtout à un match par semaine et tout le temps du monde pour bosser sur l’adversaire du week-end.

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