PSG : « Nous leur tendons la main »… La Mairie de Paris veut enterrer la hache de guerre au sujet du Parc des Princes

A l’Hôtel de Ville de Paris,

Il est temps de siffler la fin de la récré. Lors d’une conférence de presse convoquée ce mardi dans les locaux de la Mairie de Paris, Emmanuelle Grégoire, premier adjoint d’Anne Hidalgo, et Pierre Rabadan, adjoint en charge des Sports, ont souhaité tendre la main au PSG afin d’en finir avec cette guéguerre par médias interposés au sujet de la vente du Parc des Princes qui n’a que trop duré. « Aujourd’hui le canal de discussion est rompu et nous souhaitons rétablir un cadre commun et privé de discussion autour de la question de l’agrandissement du Parc des Princes », a posé d’emblée Emmanuelle Grégoire.

Du côté de la municipalité, on tente de faire comprendre que ce poker menteur et ces « postures », « ce jeu du rapport de force », ne mènent à rien si ce n’est à retarder le projet, déjà bien avancé à en croire Emmanuelle Grégoire, d’agrandissement du Parc des princes. « Si on s’y met bien, on peut lancer les travaux dès la fin des Jeux olympiques de 2024 et en 2028 ou 2029, on aura un match du PSG dans le nouveau Parc », a-t-il assuré.

Pour les équipes d’Anne Hidalgo, on reste persuadé d’une chose fondamentale à en croire le premier adjoint : « La ville et le PSG ont en commun ce qui fait le cœur du sujet, à savoir qu’il n’est pas envisageable ni souhaitable que le PSG joue ailleurs qu’au Parc des Princes ». Après avoir balayé d’un revers de manche les propositions « baroques » d’un nouveau stade à Poissy ou dans le bois de Vincennes, Emmanuelle Grégoire se dit « sûr à 100 % qu’on va arriver à régler ce problème dans un intérêt commun ».

L’exemple de Roland-Garros et de la FFT

S’il est vrai que le PSG a, dès le départ de son aventure parisienne en 2011, fait savoir qu’il privilégiait l’achat du stade, à terme, la Mairie de Paris a bien fait comprendre que cette option n’était pas envisageable. Pour elle, l’argument de Nasser Al-Khelaïfi qui veut qu’on ne réalise pas 500 millions d’euros d’investissement dans un stade qui ne nous appartient pas, ne tient pas. Emmanuel Grégoire en veut pour preuve l’exemple de Roland-Garros et de la Fédération française de tennis, qui a un temps émis l’idée d’une délocalisation avant de finalement se ranger derrière l’option de la Mairie de Paris.

« Le site de Roland-Garros une propriété de la ville de Paris mais c’est une concession faite à la Fédération française de tennis sur 50 ans, et la FFT y a investi 340 millions d’euros. Donc on peut très bien concilier, sur des contrats à très longue durée, l’intérêt économique du concessionnaire et sa capacité à l’amortir ses investissements, surtout sur des marques à fort revenus comme l’est le PSG. Notre position est très claire, notre option prioritaire n’est pas la vente mais plutôt le contrat long. »

Une main tendue par la Mairie de Paris

Ce contrat d’occupation du domaine public (CODP) qui lie actuellement le PSG et la Mairie de Paris au sujet du Parc des Princes et qui court actuellement jusqu’en 2043, pourrait ainsi être revu à la hausse. Ce qui, de l’avis du premier adjoint, serait à même de satisfaire les intérêts de QSI et du PSG. « Nous avons des propositions précises à faire au PSG pour assurer une instruction rapide du projet, pour le faire dans des conditions juridico-techniques et financières qui sécurisent le PSG sur sa capacité à amortir son investissement, et sur une période suffisamment longue pour garantir les intérêts du concessionnaire, qui deviendrait quasiment, de fait, propriétaire du stade », annonce Emmanuelle Grégoire.

Dans la volonté qui est celle du PSG de se doter d’une enceinte plus grande et plus moderne, de manière à augmenter ses revenus, l’option proposée par la mairie est indéniablement la plus rapide à mettre en place et la moins coûteuse. « Ils ont déjà regardé plusieurs fois les options pour aller ailleurs et, à l’arrivée, on a tous convenu que l’avenir du PSG était au Parc des Princes », confie le premier adjoint. C’est ce qui rend les dernières sorties médiatiques ultra-offensives de Nasser Al-Khelaïfi pour le moins surprenantes.

Du côté de la mairie, on pense que cela a plus à voir avec le contexte du Mondial au Qatar, quand la mairie avait laissé entendre qu’elle n’organiserait pas de fan-zone pour la diffusion des matchs. « La discussion au sujet du Parc des Princes a été une victime collatérale du contexte autour du Mondial, assure Grégoire. Depuis il y a eu des mots un peu durs d’échangés mais ce n’est pas grave, aujourd’hui nous tendons la main au PSG pour revenir à la table des négociations ». Au PSG maintenant de décider s’il souhaite accepter cette main tendue ou s’il préfère repartir au combat.