PSG – Juve : Entre vieux démons et anges nouveaux, Paris se construit « dans la souffrance »

Au Parc des Princes,

Ça valait bien la peine de vous bassiner ces derniers jours à parler de premier gros test européen pour le PSG, pour au final se retrouver avec une opposition turinoise de niveau milieu de tableau Ligue 1. Et encore, on est sympa. Car si les hommes de Massimiliano Allegri ont finalement retrouvé un peu d’allant en seconde période, après avoir pris le bouillon durant toute la première mi-temps, ils le doivent en grande partie aux Parisiens, coupables de n’avoir su tuer le match au moment où la Vieille Dame n’attendait qu’une chose, qu’on la pousse une bonne fois pour toutes dans les orties.

Mais Mbappé a péché par orgueil en oubliant de servir son copain Neymar, idéalement placé au second poteau en tout début de seconde période, pour ce qui devait être le but du K.-O. « Finalement, la Juve revient au score, résumait Christophe Galtier en conférence de presse après le match. On connaît toujours l’importance du troisième but. S’il est pour vous, le match semble plié. Quand c’est l’adversaire, ça redonne de l’espoir ».

L’esprit de Bernabéu a (rapidement) plané sur le Parc

C’est à ce moment précis, quand le nouvel entrant McKennie a réduit l’écart de la tête sur corner, qu’on a craint que les vieux démons parisiens viennent de nouveaux hanter des esprits encore marqués par le mélodrame de Bernabéu la saison dernière. En effet, dans la foulée du 2-1, on a senti un PSG tout d’un coup moins sûr de lui, des passes moins assurées, des contrôles manqués, et il a fallu que Gianluigi Donnarumma sorte quelques parades de classe pour éviter un retour des Turinois.

Finalement, ce passage à vide fut de courte durée et, dans l’ensemble, sans être brillant, Paris a su se faire combatif et solidaire. Ce que n’a pas manqué de saluer « Galette » après la rencontre. « J’ai vu que mon homologue avait changé d’organisation, il avait mis un peu plus de valeur athlétique, plus de présence. Donc ça donne une deuxième période un peu plus difficile où on s’est créé des situations mais on a aussi concédé des occasions, et il a fallu beaucoup de courage et d’abnégation des défenseurs pour ne pas encaisser le deuxième but », a-t-il noté.

La saison dernière, en pareilles circonstances, c’est un scénario de match que Paris aurait pu prendre en pleine poire pour se liquéfier et finalement concéder le nul. En zone mixte, Marquinhos était d’accord avec nous : « Il faut savoir profiter des bons moments et rester costauds dans les moments difficiles, c’est ce qu’on a su faire ce soir. Dans d’autres occasions, dans ces moments difficiles, on prenait des buts. »

Vaincre le poids de l’histoire pour avancer

Bien conscient d’avoir récupéré une équipe marquée psychologiquement par des années de lose et de scoumoune sur la scène européenne, l’ancien coach lillois voit dans ce match une étape positive dans la construction de son collectif. « Quelqu’un me disait dans le vestiaire que c’est très difficile de changer l’histoire. Que l’on le veuille ou non, il y a toujours quelque part dans l’air cette crainte que le sort s’acharne sur nous, a-t-il confié. Gagner dans la souffrance, en se battant jusqu’à la fin, ça permet de faire grandir l’équipe ».

Etre plus tueur quand l’occasion se présente, savoir mieux gérer les temps faibles et faire le dos rond, défendre en bloc, au moins les axes de travail sont-ils connus pour ce Paris Saint-Germain qui, au fond, a plus de motifs de satisfaction à sortir de ce match contre la Juve que de problèmes à régler. La doublette Verratti-Vitinha a une nouvelle fois sublimé le milieu de terrain du PSG, le duo de pistons Nuno Mendes-Hakimi, sans être flamboyant, a apporté de la variété aux attaques parisiennes, et le trio de devant, malgré un Messi un cran en dessous, a montré qu’il était prêt à tout casser cette saison sur le front européen.

Et comme l’entente semble être totale entre Galtier et son groupe, en témoignent les louanges de Marco Verratti à la télé italienne mardi soir – « entraîner cette équipe est difficile. Galtier a fait du très bon travail jusqu’à présent, c’est un manager intelligent » – on aurait tendance à dire que Paris est sur le bon chemin.