Proche-Orient : Les Etats-Unis remettent en place l’aide financière aux Palestiniens

La ville de Jérusalem (illustration). — Rafael Ben-Ari/Chameleons Eye/Ne

Avec l’arrivée de l’administration Biden à Washington, les Etats-Unis changent complètement de stratégie dans le dossier opposant Israël à la Palestine. Les Américains souhaitent désormais retrouver un rôle d’arbitre, alors que sous la présidence de Donald Trump les décisions étaient plutôt favorables à Israël. Les Etats-Unis ont ainsi annoncé mercredi la reprise de leur aide aux Palestiniens et réaffirmé leur soutien à une solution à deux Etats.

Cette aide à l’agence de l’ONU qui s’occupe des réfugiés palestiniens atteindra 235 millions de dollars. En détail, les Etats-Unis contribueront de nouveau au financement de cette agence à hauteur de 150 millions de dollars. Ils verseront aussi 75 millions de dollars pour le développement et l’économie de la Cisjordanie et de la bande de Gaza, et 10 millions de dollars pour le processus de paix.

Soutenir « le dialogue israélo-palestinien »

« L’aide américaine au peuple palestinien sert les intérêts et les valeurs des Etats-Unis. Elle apporte une aide cruciale à ceux qui en ont besoin, favorise le développement économique et soutient le dialogue israélo-palestinien, la coordination de la sécurité et la stabilité », a justifié le secrétaire d’Etat Antony Blinken. L’ambassadeur d’Israël aux Etats-Unis, Gilad Erdan, a dans la foulée exprimé sa « déception » et son « désaccord ». Selon lui, les Américains auraient dû « d’abord s’assurer que certaines réformes soient accomplies, visant notamment à mettre un terme à l’incitation [à l’antisémitisme] et à retirer les contenus antisémites des programmes scolaires ».

De l’autre côté, le Premier ministre de l’Autorité palestinienne a estimé que cette reprise de l’aide ne devait être qu’une première étape. « Nous attendons avec impatience non seulement la reprise des aides financières mais aussi le retour des relations politiques avec les Etats-Unis, d’une façon qui permette à notre peuple palestinien d’accomplir ses droits légitimes à créer un Etat indépendant avec Jérusalem pour capitale », a expliqué Mohammed Shtayyeh. Le Premier ministre a aussi appelé Washington à « faire pression sur Israël pour freiner le désir d’expansion et de colonisation dans les territoires occupés ».

Une solution à deux Etats

Sur une autre question-clé du conflit israélo-palestinien, Joe Biden a réitéré son soutien à une solution à deux Etats, remise en cause par Donald Trump, qui lors de son mandat a offert de nombreux gages de satisfaction à Israël, notamment en reconnaissant Jérusalem comme la capitale de l’Etat hébreu et en se montrant conciliant sur les colonies en Cisjordanie. L’actuel locataire de la Maison-Blanche mise donc sur deux Etats, une position réaffirmée mercredi lors d’un entretien téléphonique avec le roi Abdallah II de Jordanie, au cours duquel il a aussi exprimé un soutien américain appuyé à la Jordanie.

0 partage