Procès pour «fraude fiscale»: Isabelle Balkany plaide coupable mais ne veut pas servir d’exemple

Isabelle Balkany lors d’un meeting de Valerie Pecresse à Paris en 2015. — EREZ LICHTFELD/SIPA

  • Patrick et Isabelle Balkany sont jugés pour « blanchiment de fraude fiscale ».
  • Ils sont accusés d’avoir dissimulé un patrimoine évalué à 13 millions d’euros.
  • Quatre autres prévenus, dont leur fils Alexandre, comparaissent également.

Il peut paraître étrange pour un avocat de ne pas se concentrer sur « les chiffres » et « le droit » dans la chambre d’un tribunal chargée de juger une affaire de « fraude fiscale » et de « blanchiment ». Pourtant, lundi, au moment de plaider pour Isabelle Balkany devant la 32e chambre du tribunal correctionnel de Paris, Pierre-Olivier Sur a préféré parler « des impressions » laissées sur lui par ces cinq semaines d’audience.

A commencer par « le climat de vindicte » à l’égard de sa cliente. Car, il en est sûr : si Isabelle Balkany a ingéré des médicaments le 1er mai, si elle « a craqué » comme il dit, c’est en raison de la haine qu’on lui voue, notamment sur les réseaux sociaux où l’on « déteste le patronyme Balkany ». Et même jusque dans les ascenseurs du palais de justice où on l’accuse presque de défendre des « salopards ».

Isabelle Balkany, cette « souffrance », ce « cœur qui bat »…

Pourtant, à le croire, Isabelle Balkany, 71 ans, est bien loin de tout ça. Empêchée par les médecins de se présenter à son propre procès, selon lui, la première adjointe au maire (LR) de Levallois-Perret (Hauts-de-Seine) serait surtout « une souffrance », « un cœur qui bat » et « des valeurs ». Tel que le courage. Comme celui de poster sur Facebook, quelques minutes avant d’ingérer des médicaments, un message dans lequel elle admet avoir commis « une faute fiscale ».

Pierre-Olivier Sur a donc répété, lundi, que sa cliente « plaidait coupable ». De tout, en fait. Des faits de « fraude fiscale » qui l’ont conduite à dissimuler au fisc les parts de la société familiale revendues à ses frères et sœurs, des faits de « blanchiment » puisqu’elle s’est servie de cet argent pour acheter une villa à Saint-Martin, dans les Antilles, et des meubles pour la villa de Marrakech (Maroc) à propos de laquelle on se demande toujours à qui elle appartient réellement à l’issue de ce procès… Et, en toute logique, des faits de  « déclarations mensongères auprès de la Haute autorité pour la transparence de la vie publique ».

Patrick Balkany assure qu’il finit sa vie en étant « pauvre »

« Tout ça est grave, a admis l’avocat. Mais est-ce [à la hauteur] du symbole pénal ? » Premier à ouvrir le bal des plaidoiries des avocats de la défense, Pierre-Olivier Sur ne fait que résumer ce qu’ils pensent tous sur leur banc : dans cette affaire, les Balkany sont des exemples. C’est du reste ce qu’a aussi laissé entendre Romain Dieudonné, l’autre avocat d’Isabelle Balkany, quand est venu son tour de plaider.

Rappelant techniquement qu’Isabelle Balkany a déjà versé une caution d’un million d’euros et que tous ses biens ont été confisqués par l’État, il a réclamé au tribunal de restituer à sa cliente l’usufruit de son moulin de Giverny (Eure), laissant entendre qu’il ne lui restait aujourd’hui plus rien pour vivre. Son mari, Patrick, n’avait pas dit autre chose au moment de l’ouverture de leur procès. « J’ai commencé la politique avec ma femme : nous étions riches. Aujourd’hui, on finit pauvres… »

Contrairement à Pierre-Olivier Sur, les Balkany ne peuvent s’empêcher, eux, de se concentrer sur « les chiffres » et « le droit ». Ils savent qu’ils encourent une peine de dix ans de prison et qu’il ne leur reste que deux jours pour se défendre.

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