Procès Le Scouarnec : Cette lettre qui insinue que son ex-femme savait tout des déviances de son mari
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Son témoignage est très attendu. Au deuxième jour du procès de Joël Le Scouarnec, jugé à Vannes pour des faits de viols et agressions sexuelles sur 299 enfants, son ex-femme devra répondre aux questions de la cour ce mardi après-midi. Appelée à témoigner après ses trois enfants, l’ex-épouse du chirurgien sera sans doute sous le feu des questions des juges et des avocats, qui chercheront tous à comprendre ce que savait cette ancienne aide-soignante des déviances de son mari, dont elle est séparée depuis 2002 ou 2003. Elle a toujours nié être au courant. « Je n’étais pas au courant de ses penchants, de ses poupées. Je n’ai eu connaissance de ses cahiers qu’après son interpellation », a-t-elle récemment confié à Ouest-France.
Deux éléments viennent pourtant mettre à mal cette version. D’abord les carnets de l’ancien chirurgien dans lequel il dit ceci : « Elle sait que je suis pédophile ». Le médecin avait alors effacé un grand nombre de ses écrits entre 1994 et 1996, après que sa femme avait découvert une poupée d’enfant. En 1996, alors qu’il était encore en couple avec Marie-France Le Scouarnec, son mari écrivait : « Je vais tout reconstruire et maintenant reprendre le fil de mes activités sexuelles pédophiles ».
Il sévira jusqu’en 2017 et son interpellation après la plainte d’une voisine de 6 ans qui évoquait le viol digital par son voisin. Les enquêteurs ont alors découvert des carnets dans lesquels le chirurgien partageait les sévices imposés à ses très jeunes patients, mentionnant leur nom.
Ce mardi, un deuxième élément vient mettre à mal la version de l’ex-femme du pédocriminel. Deux victimes proches de la famille Le Scouarnec ont dévoilé une lettre, publiée par RMC, dans laquelle Marie-France Le Scouarnec : « Je vous demande de bien vouloir préserver mon fils, le seul à ne pas connaître le passé de son père. Je me dois de le protéger car c’est le genre de vérité bien difficile à digérer ». Elle explique aussi qu’elle avait « déjà rompu les amarres avec Joël ». En introduction de cette missive rédigée sept ans avant la première plainte, elle écrit également : « le passé nous rattrape toujours ».
« Elle a sciemment dissimulé les preuves »
Lundi, des personnes manifestant devant le tribunal ont lu la lettre des quatre victimes pour lesquels les faits ont déjà été jugés en 2020 devant la cour criminelle de Saintes. « Elle a sciemment dissimulé les preuves, le laissant agir pendant trente ans. C’est écrit dans ses carnets. Oui, elle savait. Son silence a permis à Joël Le Scouarnec de violer pendant des années ».
Notre dossier sur le procès Le Scouarnec
Au premier jour de son procès hors normes, l’ancien chirurgien a fait savoir qu’il reconnaissait une très grande majorité des faits qui lui sont reprochés. « Si je comparais devant vous aujourd’hui, c’est parce que, un jour, j’ai commis des actes horribles sur des personnes qui n’étaient alors que des enfants. Je suis parfaitement conscient que ces blessures sont ineffaçables et irréparables. Je ne peux pas revenir en arrière. Je leur dois d’assumer la responsabilité de mes actes, qu’ils porteront pour le reste de leur vie », a-t-il déclaré.
Ce mardi, il fera face à ses trois fils puis à son ex-femme. Le procès doit durer quatre mois.