Procès en appel du financement libyen : Claude Guéant absent, Sarkozy ne déguste pas des gâteaux.
A la cour d’appel de Paris, Nicolas Sarkozy est arrivé peu avant 13h30 pour être rejugé dans l’affaire du financement libyen de la campagne présidentielle de 2007. Claude Guéant, qui a été condamné à six ans de prison en première instance, est absent du tribunal en raison d’un état de santé qui ne lui permet pas d’être physiquement présent.

À la cour d’appel de Paris,
Pour ce jour, le palais de justice de Paris est très animé. Dans le couloir menant à la première chambre de la cour d’appel, des centaines de journalistes de différents pays attendent l’arrivée de dix personnes qui seront rejugées à partir de ce lundi dans l’affaire du financement libyen de la campagne présidentielle de 2007 de Nicolas Sarkozy. Un public nombreux fait la queue pour entrer dans la salle d’audience. Vêtu d’un costume et d’une cravate noire, avec un sourire tendu, l’ancien président de la République arrive peu avant 13h30. Il serre les mains des gendarmes et des avocats croisés sur son chemin avant de s’asseoir dans le prétoire aux côtés de ses avocats.
Sur la table, il dépose une bouteille d’eau, un dossier et son téléphone. Une dessinatrice est assise devant lui pour esquisser son portrait. « Nicolas Sarközy de Nagy-Bocsa ». Il se lève lorsque le président de la cour, Olivier Géron, appelle successivement les prévenus qui comparaîtront jusqu’au 3 juin. Le magistrat lui demande s’il peut abréger son nom en « Nicolas Sarkozy », « comme on vous a toujours connu ». L’ancien président acquiesce, reprend place, et croise bras et jambes.
L’état « polypathologique » de Claude Guéant
Parmi les co-prévenus se trouve Éric Woerth, trésorier de la campagne de 2007. Bien qu’il ait été relaxé lors du premier procès, il doit être rejugé suite à l’appel du parquet national financier. Brice Hortefeux, ancien ministre et ami de longue date de Nicolas Sarkozy, est également présent. Âgé de 67 ans, il a été condamné par le tribunal correctionnel à deux ans de prison et une amende de 50.000 euros. Il est soupçonné d’avoir agi en tant qu’intermédiaire avec des proches du colonel Mouammar Kadhafi. Ce lundi, il est assis de l’autre côté de l’allée centrale, à quelques mètres de Nicolas Sarkozy.
Claude Guéant, ex-secrétaire général de l’Élysée sous Sarkozy, est absent. Condamné à six ans de prison dans cette affaire lors du premier procès, son état de santé « s’est profondément détérioré ces dernières semaines », informe son avocat, Me Philippe Bouchez El Ghozi, à la cour. Son « état polypathologique » ne lui permet pas d’être présent physiquement au tribunal, précise son conseil, en ajoutant que « la situation médicale » de son client âgé de 81 ans « n’a pas vocation à s’améliorer ». Après une brève suspension d’audience, le président ordonne une expertise médicale de Claude Guéant. Un médecin doit le voir dans l’après-midi et rendre ses conclusions à la cour le mardi suivant.
Boîte à goûter verte
Entouré de ses deux assesseurs, le président Géron rappelle ensuite les peines prononcées par le tribunal correctionnel en septembre dernier. Nicolas Sarkozy a été relaxé pour trois des quatre infractions : corruption passive, détournement de fonds publics et financement illégal de campagne. Il a en revanche été reconnu coupable d’association de malfaiteurs et condamné à cinq ans de prison ferme, avec un mandat de dépôt à exécution provisoire. L’ancien président, qui a toujours nié les accusations, a également écopé d’une amende de 100.000 euros. Dans cette affaire, il a été incarcéré pendant 20 jours à la prison de la Santé, avant d’être libéré. C’est une première pour un ancien président depuis l’instauration de la Ve République.
Nicolas Sarkozy écoute attentivement le président de la cour qui commence à lire son rapport. Il prend occasionnellement des notes sur une feuille, vérifie l’heure sur sa montre, agite la jambe droite et remue les genoux.
Étant donné la complexité du dossier, le magistrat a prévu deux jours pour rappeler les faits reprochés aux prévenus. « Je m’excuse par avance pour le côté un peu fastidieux », souffle-t-il, avant de préciser qu’il fera « des pauses, bien évidemment ». Lors d’une première interruption, l’ancien président échange brièvement quelques mots avec Éric Woerth. Puis il prend une boîte à goûter de couleur vert foncé. Il consomme rapidement environ une vingtaine de gâteaux, selon notre décompte. Debout, il en propose à ses avocats, avec lesquels il échange en agitant les mains.
L’audience reprend environ vingt minutes plus tard. Vers 18h30, le magistrat interrompt sa lecture. Le procès se poursuivra mardi matin à 9 heures. Nicolas Sarkozy pourrait être questionné par la cour les 7, 8 et 13 avril. « Mais les agendas peuvent encore évoluer », avertit le président Géron.

