Procès en appel d’Abdelkader Merah : Le frère de Mohamed Merah condamné à 30 ans de réclusion criminelle

Abdelkader Mérah a été jugé, en appel, pour — Benoit PEYRUCQ / AFP

  • La cour d’assises de Paris a rendu son verdict à l’encontre d’Abdelkader Merah.
  • Il a été reconnu coupable d’« association de malfaiteurs terroristes » et « complicité d’assassinats » perpétrés par son frère, en 2012.
  • Le parquet général avait requis une peine de réclusion criminelle à perpétuité.

Abdelkader Merah a été condamné en appel, ce jeudi soir, à 30 ans de réclusion criminelle, assortis d’une peine de sûreté des deux tiers. Le frère de Mohamed Merah a été reconnu coupable d’« association de malfaiteurs terroristes » et « complicité d’assassinats » perpétrés par le tueur à scooter, en 2012.

L’annonce de la condamnation a été ponctuée par les larmes de reconnaissance des familles des victimes. Dans son box, Abdelkader Merah a à peine courbé les épaules.

Verdict plus lourd

Au terme de quatre semaines de procès, la cour d’assises de Paris, spécialement composée de magistrats professionnels pour le juger, l’a condamné, en appel, à 30 ans de réclusion criminelle pour « association de malfaiteurs terroristes » et « complicité des assassinats » de sept personnes (trois militaires, trois enfants et un enseignant juifs) commis par son frère, Mohamed, à Toulouse (Haute-Garonne) et à Montauban (Tarn-et-Garonne). 

En première instance, en 2017, Abdelkader Merah, 36 ans, avait été condamné à 20 ans de prison pour « association de malfaiteurs terroristes » et acquitté du chef de « complicité »

En quatre semaines de procès, Abdelkader Merah n’a pas jeté un seul regard vers les familles des victimes de son frère, assises dignement derrière lui, sur sa gauche. Jeudi matin, au moment de prononcer les derniers mots avant que la cour ne se retire pour délibérer, il n’a logiquement pas eu, non plus, une pensée pour elles. « Je voulais simplement dire que je n’ai rien à voir avec les actions perpétrées par mon frère », a-t-il simplement lâché, de cette voix mâtinée d’accent toulousain. Comme s’il était sûr de son fait. Et sûr de son effet sur les juges.

« Un sale type », « le mal incarné » mais pas « un terroriste »

Mercredi, dans un prétoire bondé et étouffant, Eric Dupond-Moretti, son avocat, avait appelé les juges à faire preuve « de courage » à son sujet. « Vous voulez quoi ? Qu’on le juge comme il serait jugé dans un état islamique ? Sans avocat ? Qu’il soit lapidé ! [la plupart des états islamiques, où la charia est en vigueur, n’appliquent plus la lapidation] C’est ça que vous voulez pour lui ? C’est ça que vous voulez pour nous ? », avait-il tonné.

Le ténor du barreau et ses deux collaborateurs avaient passé l’après-midi à décrire sévèrement leur client : « le mal incarné », « un sale type », « un islamiste radical ». Mais pas « un terroriste ». Fustigeant l’enquête, ils ont rappelé qu’il n’existait aucune preuve indubitable qu’Abdelkader ait aidé ou assisté son frère, Mohamed, dans son entreprise terroriste.

Pour l’accusation, « le frère modèle » de Mohamed

De son côté, l’accusation avait ferraillé, mardi, pendant plus de quatre heures avant de requérir une peine de réclusion criminelle à perpétuité à son encontre. Bien conscients du manque de preuve flagrante, les avocats généraux avaient toutefois estimé qu’Abdelkader avait agi comme « un frère modèle, un frère mentor, un frère sachant, un frère enseignant » auprès de Mohamed.

Reprenant la chronologie des jours précédant les tueries de Toulouse et de Montauban, en 2012, les représentants du ministère public avaient tenté de convaincre que les deux frères formaient une « communauté d’esprit, de projet et d’action » terroriste.

Si aucun pourvoi en cassation n’est formé dans les dix jours, ce verdict deviendra définitif.

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